Le luxe n’est plus tout à fait ce qu’il était pour Kering. Le groupe français, propriétaire de marques prestigieuses comme Gucci, Yves Saint Laurent ou Balenciaga, traverse une zone de turbulence prolongée. Le premier semestre 2025 s’est soldé par une chute libre du bénéfice net de 46 %, qui passe sous la barre des 500 millions d’euros. Quant au chiffre d’affaires, il s’effondre de 16 %, à 7,6 milliards d’euros. La promesse du « retour de Gucci » se fait attendre, et avec elle, le réveil de tout l’empire.
Au cœur de la tempête, Gucci, longtemps vache à lait du groupe, est désormais son maillon faible. La griffe italienne voit ses ventes reculer de 26 % sur le semestre, à 3 milliards d’euros, soit un milliard de moins qu’il y a un an. Le deuxième trimestre est encore plus brutal avec un décrochage de 27 %. Un revers majeur pour une maison qui pèse encore la moitié des ventes et les deux tiers de la rentabilité de Kering.
Les autres marques ne redressent pas vraiment la barre. Yves Saint Laurent perd 11 %, les « autres maisons », dont Balenciaga, plongent de 15 %. Seuls Bottega Veneta, avec un maigre +1 %, et Kering Eyewear (+2 %) échappent au naufrage. Un léger frémissement, mais loin d’être suffisant pour compenser les pertes.
Le PDG François-Henri Pinault, toujours à la barre, garde le cap du discours rassurant. « Des bases solides ont été posées », affirme-t-il, malgré la marge opérationnelle fondue à 12,8 %, contre 17,5 % l’an passé. Une baisse de régime qui montre à quel point la mécanique du luxe peut caler, même chez les poids lourds.
Face à cette spirale, Kering joue la carte du changement. Et pas des moindres : l’arrivée le 15 septembre prochain de Luca de Meo, ex-Renault, à un tout nouveau poste de directeur général. Mission ? Réinventer Kering sans renier l’ADN du luxe. Le PDG reste François-Henri Pinault, mais le duo devra faire preuve d’agilité pour convaincre les marchés.
En toile de fond, un contexte économique incertain, une demande chinoise moins flamboyante, et un secteur du luxe qui découvre les limites de sa croissance effrénée. Le monde change, le luxe aussi. Et chez Kering, on sait désormais que même les icônes peuvent vaciller.





