72 ans, les cheveux toujours en bataille, l’allure de poète rock’n’roll : Jim Jarmusch n’a rien perdu de sa désinvolture. Son nouveau film, Father Mother Sister Brother, a bluffé la Mostra de Venise et repart avec le Lion d’or.
On croyait presque qu’il s’était retiré dans une cabane, guitare à la main. Mais non : Jim Jarmusch revient, six ans après The Dead Don’t Die, avec un long-métrage triptyque. Produit par Saint Laurent (oui, la maison de couture) et CG Cinéma, son nouveau film rassemble une dream team : Adam Driver, Cate Blanchett, Tom Waits, Charlotte Rampling… une sorte de casting à la fois chic et bizarre, comme lui.
Premier arrêt : un lac américain où un patriarche punk et radin (Tom Waits, irrésistible) se fritte avec ses enfants. Adam Driver joue le fils trop poli. À mourir de rire. Ensuite, direction Dublin : une mère, deux filles, un thé, et un petit goût de satire bien polie — peut-être le passage le plus sage. Enfin, apothéose à Paris : une fratrie de jumeaux sillonne Pigalle et le 11e arrondissement dans une voiture rétro, pour revisiter l’appartement familial. C’est doux, mélancolique, carrément bouleversant.

Jarmusch, maître du pas de côté
Comme toujours, il filme les silences, les visages, les instants où rien ne se passe — et c’est ça qui compte. Le film n’est pas parfait, mais il respire la liberté et la délicatesse. Dans un monde saturé de blockbusters, Jim Jarmusch préfère offrir une bulle de mélancolie où deux personnages peuvent simplement se dire « je t’aime ».
Un Lion d’or rock’n’roll
Le jury vénitien ne s’y est pas trompé : voilà un cinéma qui ne crie pas mais qui reste, qui caresse au lieu de cogner. Father Mother Sister Brother n’est peut-être pas le plus grand Jarmusch, mais c’est du grand cinéma. Et c’est assez rare pour mériter un Lion d’or.
Sortie prévue en salles : 7 janvier 2026





