Exit Jacopo Venturini, place à Riccardo Bellini. La maison Valentino, temple du “rosso” flamboyant et des tapis rouges hollywoodiens, confie sa destinée à un homme déjà bien connu des coulisses du luxe.
Le 1er septembre prochain, Riccardo Bellini déposera ses cartons au siège milanais de Valentino. Un déménagement express pour ce dirigeant habitué des grandes maisons, qui a déjà fait ses preuves chez Maison Margiela et Chloé, avant de piloter directement le fonds qatari Mayhoola, actionnaire majoritaire de la griffe italienne.
La nomination de Riccardo Bellini ressemble à un jeu d’échecs parfaitement orchestré : Mayhoola avance son pion, prend la direction et consolide son influence sur Valentino. De quoi faire jaser, à l’heure où des rumeurs persistantes évoquent un possible changement de mains, Kering (déjà détenteur de 30 % du capital) s’étant déclaré intéressé par une prise de contrôle totale.
Mais chez Valentino, pas question de se laisser happer par les spéculations. Avec Alessandro Michele, l’ex-directeur artistique fantasque de Gucci fraîchement recruté, et Riccardo Bellini aux commandes, la maison compte accélérer et séduire une nouvelle génération de clientes. “Accélérer la trajectoire de Valentino”, promet le président de Mayhoola, Rachid Mohamed Rachid. Manière élégante de dire que l’heure n’est plus à la contemplation des robes de gala, mais à la conquête de nouveaux marchés.
Fondée à Rome en 1960, Valentino reste une icône de la dolce vita, du glamour de Cinecittà et des robes carminées qui font palpiter les tapis rouges. Mais derrière l’image éternelle, la réalité est plus mouvante : la bataille du luxe se joue désormais à coups de milliards et de prises de participation. Dans ce contexte, l’arrivée de Riccardo Bellini sonne comme un rappel : même les maisons les plus mythiques doivent garder le rythme.





