Paradoxe de mode n°457 : que faire quand on est nommé à la tête de toutes les lignes de Dior – haute couture, prêt-à-porter femme, homme, cocktails du jeudi inclus – mais qu’on tient aussi à faire des torchons stylés et des bijoux or pour sa propre marque ? Réponse : on fait comme Jonathan Anderson. On respire, on quitte les Fashion Weeks, on ferme ses boutiques… Pour mieux tout réinventer.
Bienvenue dans la nouvelle ère de JW Anderson, version slow fashion, thé noir corsé et céramique de collection. Il y a une dizaine de jours à peine, Jonathan Anderson présentait sa toute première collection Dior. Résultat ? Un milliard de vues, des critiques en liesse, et une industrie de la mode à genoux devant ce nouveau roi du tailoring cérébral.
Et pourtant. Au lieu de surfer sur la vague, le designer britannique a choisi un virage à 180° pour JW Anderson, la marque qu’il a fondée en 2008. Fini les défilés programmés, les présentations à outrance, les 18 collections par an. Place à un mantra simple : “On fera un show… si on en a envie.” Traduction : en mode avion, retour aux essentiels, et créations quand l’envie (et l’idée) surgissent.
JW Anderson devient une boutique de rêve éveillé
Le nouveau projet ressemble à un cabinet de curiosités sorti d’un trip sous camomille : tasses Wedgwood d’après des dessins inédits de Lucie Rie, torchons à messages en lin irlandais, bijoux en or fabriqués à la main, denim japonais, tartan écossais, pelles de jardin vintage relookées avec amour… Oui, des pelles. Stylées.
Et pour remplir les fameuses tasses ? Un thé noir torréfié qui a le goût du café. Développé avec Postcard Teas, s’il vous plaît. Une boisson qui, comme cette nouvelle direction artistique, ne choisit pas entre A et B mais invente la lettre Z.


Une boutique qui sent le bois ciré et le génie
Les boutiques de Londres et Milan ferment temporairement pour se faire une beauté. Elles rouvriront en septembre avec un concept signé Sanchez Benton : chaises Windsor artisanales, verres Murano, mobilier Mackintosh, et une ambiance d’appartement de collectionneur excentrique mais chic.
On y viendra plus pour flâner que pour consommer. Une sorte de café-théâtre arty, sans scène, mais avec des objets, des vêtements et des idées à toucher, porter ou contempler.

La mode comme autoportrait (et comme terrain de jeu)
À 40 ans, Jonathan Anderson ne veut plus courir après les tendances. Il veut parler d’artisanat, d’héritage, de passions. “La curation devient instinct. L’instinct devient l’identité”, dit-il. Et franchement, c’est plus stylé que “printemps-été 2026”.
Pas étonnant que ses proches – Luca Guadagnino, Hailey Gates, Joe Alwyn – aient tous répondu présent à la présentation parisienne de cette première collection nouvelle génération. Le lookbook, quant à lui, respire la joie, la douceur et la liberté créative.


JW Anderson, version 2.0 : entre thé, or et tartan
Moins de shows, plus d’objets. Moins de saisons, plus de sensations. JW Anderson devient un laboratoire doux de beauté, un lieu de réinvention permanente, un hommage aux savoir-faire et aux émotions.
Et quelque part entre un arrosoir restauré, une chaîne en or, et un blazer en laine bouillie, Jonathan Anderson montre que la vraie mode… C’est peut-être celle qui prend son temps.





