Dans les ateliers discrets de la rue Panepistimiou, à deux pas du centre historique d’Athènes, le tintement des outils résonne avec régularité. À l’étage inférieur du flagship de la maison Zolotas, Georges Papalexis inspecte un collier en or. Le bijou n’est pas encore à la hauteur des exigences de la maison, qui s’apprête à célébrer, à la fin de l’année, son 130e anniversaire.
Créée en 1895 par Efthymios Zolotas, la maison éponyme est l’une des plus anciennes joailleries de Grèce. Formé à Paris, le fondateur installe son premier atelier à Athènes, au pied de l’Acropole, où il séduit rapidement une clientèle issue de la haute société hellénique. Dès 1916, la famille royale devient cliente. Mais c’est sous la direction de son fils, Xénophon Zolotas, dans les années 1950, que la marque prend une dimension internationale.
Zolotas fonde son identité sur l’héritage de la Grèce antique. Techniques d’orfèvrerie inspirées des périodes mycénienne et minoenne, symboles mythologiques, motifs d’architecture ou de sculpture classique… La maison redonne vie à des savoir-faire ancestraux et forge un style propre, baptisé « chrysotechnie » (littéralement « travail de l’or » en grec).

Bracelets martelés, colliers tressés, boucles d’oreilles en granulation : l’or 18 et 22 carats est travaillé selon des procédés qui requièrent patience, précision et maîtrise du feu. Certains gestes se transmettent uniquement entre maîtres-artisans, à huis clos, dans les murs de l’atelier.
Cette singularité stylistique vaut à la maison d’être portée par de nombreuses personnalités du monde artistique au XXe siècle : Maria Callas, Jackie Kennedy-Onassis, Catherine Deneuve ou Romy Schneider figurent parmi ses clientes emblématiques.
Une entreprise familiale et culturelle
À la fin des années 1980, la direction de la maison est confiée à Marianne Le Clère-Papalexis, historienne de l’art française, arrivée par hasard chez Zolotas en tant que stagiaire. Elle modernise la marque, initie des collaborations avec des artistes (notamment Paloma Picasso et Claude Lalanne) et transmet, à son tour, les rênes à son fils Georges Papalexis à la fin des années 2000.
« Le défi est de préserver l’héritage tout en restant pertinent pour une nouvelle génération », explique-t-il. Parmi les initiatives phares : une collection annuelle de bijoux « gouri », inspirée d’une tradition grecque du Nouvel An, remporte un franc succès depuis plusieurs années.
130 ans et une collection anniversaire
Pour marquer ses 130 ans, la maison prépare une collection hommage inspirée de ses archives. Les dessins préparatoires sont déjà sur la table de Georges Papalexis, entouré des planches du designer américain Ronald McNamer, passé par Tiffany & Co. dans les années 1970, et qui a contribué à ancrer le style Zolotas dans une esthétique plus glamour.
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