Il ne flotte pas, mais presque. Il ne vole pas, mais on le croirait suspendu. À flanc de falaise, sur les hauteurs de Roquebrune-Cap-Martin, The Maybourne Riviera semble avoir été déposé là par une main divine — ou, plus précisément, celle de l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Vue imprenable sur Monaco, courbes futuristes, marbres discrets : le palace cultive une forme de minimalisme… très bien mis en scène.
Ouvert en 2021 par le groupe Maybourne, déjà propriétaire de temples londoniens du chic (Claridge’s, The Connaught…), l’hôtel réactive un mythe dormant. Le site, autrefois salon de thé confidentiel, a vu défiler Elizabeth Taylor, Frank Sinatra et d’autres visages connus des années 1960. Aujourd’hui, la nostalgie se fait high-tech, et les souvenirs glamour ont été subtilement enveloppés dans du béton noble et du bois clair.
Avec ses ailes nommées Cristale, Azur et Corniche, l’hôtel semble sortir d’un storyboard de science-fiction en très haute définition. À l’intérieur, le design ne cherche pas à impressionner — il le fait tout seul. Entre les studios Bryan O’Sullivan, André Fu et Rigby & Rigby, orchestrés par la directrice artistique Michelle Wu, on navigue entre galeries d’art discrètes et intérieurs pensés comme des décors méditatifs.


Les 65 chambres et suites, toutes équipées de terrasses (et de vues), cultivent cette même idée : on vient ici pour « respirer l’azur », comme dirait un poète en tongs. Mention spéciale aux Suites Signature, véritables bulles de calme au-dessus du tumulte azuréen, et à la Suite Horizon, temple vitré pour amateurs de levers de soleil spectaculaires.

À table, le végétal prend le pouvoir (mais avec caviar)
Côté assiette, le programme est ambitieux : abc kitchens, sur les toits, est signé Jean-Georges Vongerichten — chef globe-trotteur déjà étoilé à New York — qui y décline une cuisine végétale, locavore et léchée. Le restaurant Riviera, piloté par Sébastien Tantot, préfère un registre plus solaire : daurade soufflée, vitello tonnato twisté, artichauts qui auraient presque une âme.
Et pour ceux que les cocktails inspirent plus que les panoramas, Le 300 propose des créations à base de maquis, d’herbes locales et d’influences liquides du Sud. C’est expérimental, mais buvable — voire redoutablement réussi.

Bien-être, version laboratoire chic
Enfin, ceux qui souhaitent « se recentrer » (comprendre : fuir les notifications et la ville) trouveront refuge au Surrenne Riviera, sanctuaire mêlant cryothérapie, massages, luminothérapie et retraites de longévité. On y promet un corps apaisé, une peau régénérée, et une âme vaguement plus alignée. Le tout dans un cadre où même les pierres semblent pratiquer la pleine conscience.

The Maybourne Riviera coche toutes les cases du palace nouvelle génération, le tout à 300 mètres au-dessus du tumulte azuréen. Ce n’est plus vraiment un hôtel, c’est une mise en scène du calme absolu. Un spectacle millimétré, entre ciel, mer… et un marketing parfaitement rodé.
Plus de renseignements sur maybourneriviera.com





