Soup cans, Marilyns et perruques platine. Si Andy Warhol était encore parmi nous, il défilerait sans doute en première ligne… ou sur le tissu lui-même. Voici une sélection de moments où l’art de Warhol s’est incrusté dans les défilés, façon sérigraphie en talons aiguilles.
Impossible de parler d’art moderne sans évoquer Andy Warhol – le roi des boîtes de soupe et des perruques platine. Certains chipoteront peut-être sur le mot « génie », mais une chose est sûre : l’artiste a redessiné les contours de la culture pop à coups de sérigraphies et de provoc’ bien senties. Et son aura dépasse largement les musées : les écrivains, les photographes, les musiciens… et surtout les directeurs artistiques continuent de lui vouer un culte bien mérité.
Il faut dire que le bon Andy ne boudait pas son plaisir quand il s’agissait de mode. Toujours en embuscade au premier rang des défilés, bras dessus bras dessous avec Keith Haring, Halston ou encore Diana Vreeland, il a su s’imprégner de cet univers pour mieux l’inspirer. La rédaction vous embarque pour un petit tour des plus beaux hommages à Warhol sur les podiums. Spoiler : couleurs flashy, imprimés arty et clin d’œil bien sentis garantis. Le pape du Pop Art hante les podiums depuis des décennies, en icône graphique et en muse silencieuse.
Voici donc cinq épisodes de cette obsession collective où la mode a décidé que Warhol était bien plus qu’un artiste : un imprimé, un statement, un fantasme visuel.
Versace, printemps-été 1991 • Gianni Versace ne fait jamais dans la demi-mesure. Il colle Marilyn Monroe et James Dean sur une robe devenue culte. Résultat ? Une pièce aujourd’hui sacrée au Met de New York. Donatella la ressuscitera en 2018, comme on invoque un esprit en technicolor.
Moschino, automne-hiver 2006 • Campbell’s Soup devient Moschino Soup. Le mannequin arbore lunettes rondes, perruque blanche et attitude arty. Un Warhol de défilé, version cartoon couture. L’autodérision, toujours au menu.


Blumarine, automne-hiver 2009 • Anna Molinari voit grand, très grand. Elle remplace Marilyn par son propre visage, en format XXL, sur un fond rose bonbon. Les fleurs de Warhol s’invitent aussi sur les leggings. Warhol, mais avec un ego italien boosté à la dolce vita.
Jean-Charles de Castelbajac, automne-hiver 2009 • Le Français ne pouvait passer à côté du Pop Art. Entre ours géants et robes arc-en-ciel, Warhol trouve sa place dans ce carnaval chromatique. Le défilé ressemble à une toile vivante, saturée et joyeusement excessive.


Prada, printemps-été 2013 • Miuccia s’attaque aux fleurs. Pas celles de l’imprimé Liberty, non : les fleurs de Warhol. Elle les pose, presque religieusement, sur des manteaux de fourrure. Comme si le kitsch avait trouvé sa prêtresse.

Pop Art, mode et capital culturel
Ce que ces pièces collectidisent, ce n’est pas seulement que Warhol est à la mode – c’est qu’il est la mode. Il l’a comprise avant elle-même. Il a transformé l’objet en image, l’image en produit, le produit en mythe. Exactement ce que la mode tente de faire chaque saison.
Alors non, Warhol ne reviendra pas. Mais sur les podiums, il n’est jamais vraiment parti.





