Miley Cyrus, c’est un peu comme ce copain qu’on croyait connaître au lycée et qui réapparaît 30 ans plus tard en ayant changé six fois de style, quatre fois de coupe de cheveux et trois fois d’identité visuelle complète. Sauf qu’ici, on ne parle pas d’un pote, mais d’une pop star qui a grandi sous l’œil du monde entier. Disney girl sage comme une image, provocatrice en latex et cannabis dans les années 2010, puis diva glamour des tapis rouges… aujourd’hui, Miley Cyrus revient dans un rôle inattendu : égérie Maison Margiela. Rien que ça.
Fin d’été 2025, Paolo Roversi shoote Miley Cyrus pour la campagne automne-hiver de la maison. Un casting qui fait sens : Martin Margiela, fondée en 1988 et toujours à contre-courant, mise désormais sur l’icône pop la plus insaisissable de sa génération. Après le départ théâtral de John Galliano et l’arrivée de Glenn Martens, il fallait bien une muse capable de brouiller les pistes. Miley Cyrus coche toutes les cases : imprévisible, magnétique et toujours prête à faire exploser les codes.
À 13 ans, Miley Cyrus débarque sur le petit écran en perruque blonde pour Hannah Montana. Look sage, sourire Colgate, jeans slim et petites robes qui sentent l’Amérique proprette. Sauf qu’en coulisses, la pression est énorme :
On m’a tellement maquillée et transformée que je ne savais plus qui j’étais quand je rentrais chez moi
dira-t-elle plus tard. Bref, l’ado modèle vit déjà son premier épisode de crise identitaire.


Coup de tonnerre : l’ère Bangerz
Cheveux platine rasés sur les côtés, langue tirée à outrance, justaucorps imprimés weed et prestations télé qui font hurler l’Amérique puritaine : Miley Cyrus explose son image Disney à coups de marteau piqueur. Son album Bangerz devient une sorte de manifeste punk-pop, et ses looks signés Versace ou Marc Jacobs font autant parler que ses chansons.
Le Met Gala 2013 (“Punk : Chaos to Couture”) ? Elle y débarque en robe résille façon “cage à fauve” avec un rouge à lèvres carmin qui dit clairement : Hannah Montana est morte, longue vie à Miley Cyrus.
La réconciliation avec le glamour
Mais Miley Cyrus n’est pas qu’une rebelle bloquée dans le passé. Au fil des années, la provoc’ pure laisse place à une esthétique plus mature. Endless Summer Vacation en 2023 signe le retour d’une artiste glamour, en robe Bob Mackie aux Grammy Awards (Tina Turner aurait approuvé), brushing XXL et silhouette couture.
Elle sort aussi ses griffes mode : Gucci, Mugler, Maison Margiela. Un vestiaire d’archives qui transforme chaque apparition en défilé improvisé. Et spoiler : elle détient aujourd’hui le record du plus grand nombre de Mugler vintage prêtés à une seule personne. Oui, même les fashion editors hallucinent.
Et maintenant ?
Avec Something Beautiful (sorti en mai 2025), Miley Cyrus enfonce le clou : visuels flamboyants, looks Alaïa et Jean Paul Gaultier, références à la Haute couture et à la scène rock. Plus qu’une simple pop star, elle s’impose comme une performeuse où la mode devient message.
Être égérie Margiela aujourd’hui, c’est boucler une boucle : de la fille “emballée par Disney” à la femme qui choisit ses propres costumes, Miley Cyrus a prouvé qu’elle n’était pas qu’un produit pop. Elle est devenue une véritable héroïne mode, insaisissable et indomptable.
Maison Margiela, qui affectionne de brouiller les pistes, a trouvé en elle l’égérie parfaite. Car entre les vestes déconstruites et les justaucorps provoc’, Miley Cyrus n’a toujours eu qu’un seul mantra : “Ne jamais ressembler à ce qu’on attend de moi.”





