Il aurait sans doute aimé ça : un lieu mi-fouillis de grenier, mi-vaisseau spatial, où s’empilent près de 90 000 fragments de sa vie. Costumes flamboyants, carnets gribouillés à la hâte, esquisses bizarres et vestes qui brillent plus qu’une boule disco : le David Bowie Centre vient d’ouvrir ses portes à Londres, niché dans le V&A East Storehouse, au cœur du Queen Elizabeth Olympic Park.
Disons-le franchement : ce n’est pas un musée poussiéreux où l’on chuchote en chaussettes molletonnées. Ici, on ne contemple pas Bowie, on explore David, presque comme on fouillerait dans son placard ou son cerveau. On tombe tour à tour sur la combinaison asymétrique de Kansai Yamamoto, la veste zébrée d’Aladdin Sane ou encore le smoking de mariage signé Thierry Mugler. C’est un peu comme si les alter ego du Thin White Duke s’étaient donné rendez-vous dans la même pièce, prêts à repartir en tournée.
Mais la vraie surprise, c’est que le centre propose un programme baptisé Order an Object. En clair : vous pouvez réserver un tête-à-tête avec une pièce d’archive. Imaginez : vous, un carnet de Bowie, une table, et ce silence un peu électrique des secrets qui s’ouvrent. Ça change des audioguides monocordes.

En fait, ce lieu fonctionne comme David Bowie lui-même : impossible à enfermer dans une case. À la fois laboratoire, sanctuaire et aire de jeux interstellaire, il brouille les genres, mélange les codes et refuse la nostalgie facile. Parce que David Bowie n’était pas qu’un chanteur — il était une machine à métamorphoses, un perturbateur en chef, un Starman qui a pris Londres pour rampe de lancement.


Le David Bowie Centre est une archive vivante, une invitation à se perdre dans l’inattendu. Comme si, en franchissant ses portes, on entrait nous aussi dans une nouvelle orbite. Ziggy n’est peut-être pas mort, après tout.
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