À Paris, en janvier, on marche vite et on regarde les détails. Les épaules, les ourlets, les mains dans les poches. Pendant six jours, la mode masculine traverse la ville. Métro, cours d’hôtels particuliers, pavés lustrés par le froid. Automne-hiver 2026-27 commence ici, dans une lumière qui ne pardonne rien.
Mardi 20 janvier, la semaine s’échauffe doucement. Jeanne Friot arrive avec des vêtements qui pensent, presque trop lucides pour être décoratifs. Chez Études Studio, l’art ne se regarde pas : il se porte. Auralee apaise le rythme, textures calmes, promesse de durée. Puis Louis Vuitton éteint les lampadaires autour de lui : grand spectacle, désir mondialisé, Paris comme capitale émotionnelle bien rodée.


Mercredi 21 janvier, on devient sérieux. 3.Paradis parle d’âme avant de parler de coupe. Lemaire, fidèle à lui-même, rappelle que la discrétion peut être radicale. Dior Homme impose sa précision sous la main de Jonathan Anderson : ni nostalgie, ni rupture brutale, juste un tempo sûr. Walter Van Beirendonck met la couleur là où on ne l’attend pas, Egonlab. brouille les identités, et AMI Paris termine la journée comme on rentre chez soi : sans effet, mais avec style.
Jeudi 22 janvier, la mode cesse d’être un vêtement. Issey Miyake fait du corps une mécanique poétique, Rick Owens transforme l’ombre en architecture, Kartik Research fouille les souvenirs à même le textile. Amiri débarque avec un soleil californien en décalage horaire, Yohji Yamamoto ralentit le monde, et Dries Van Noten peint la soirée comme un tableau qu’on n’ose pas quitter des yeux.
Vendredi 23 janvier, les lignes se tendent. Junya Watanabe Man ouvre avec méthode, Juun.J et Maison Mihara Yasuhiro démontent pour mieux reconstruire. Willy Chavarria politise la silhouette, la rend charnelle, presque militante. Comme des Garçons Homme Plus fait ce qu’il fait de mieux : déranger. Officine Générale rassure, LGN Louis-Gabriel Nouchi électrise ceux qui n’avaient pas encore froid.
Samedi 24 janvier, Paris change d’accent. Kiko Kostadinov, White Mountaineering et Kolor parlent fonction et poésie dans la même phrase. Magliano et Ziggy Chen regardent en arrière sans nostalgie facile. KidSuper joue sérieusement. Hermès, en dernier mot, murmure une évidence : le luxe, quand il est juste, n’a pas besoin d’élever la voix.
Dimanche 25 janvier, on ralentit sans s’arrêter. Sacai mélange tout et ça fonctionne. Wooyoungmi précise sa vision. Doublet s’amuse, Taakk sculpte. Agnès b. rappelle qu’une constance peut être un acte radical.
À la fin, Paris reprend son souffle. Les manteaux s’éloignent, les silhouettes se fondent dans la foule. La mode masculine a fait son numéro – pas pour se montrer, mais pour avancer.
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