Cette saison, chez Dior, le pli n’est plus un simple détail de confection. Il est devenu une philosophie, une obsession… voire un mode de vie. Jonathan Anderson semble avoir regardé une chemise froissée et s’être dit : « Et si c’était de l’art ? » L’automne-hiver 2026-2027 semble avoir été délicatement chiffonné par un génie de la sculpture.
Au musée Rodin, transformé pour l’occasion en étrange forêt de fougères géantes, les silhouettes ont défilé comme des œuvres d’art ayant décidé de quitter leur piédestal. Les robes se dressent, les manteaux ondulent, les pantalons prennent du relief… Impossible de distinguer où s’arrête la mode et où commence la sculpture.
Le créateur nord-irlandais revendique d’ailleurs pleinement cette approche. Passionné d’art contemporain, il rend hommage à l’artiste américaine Lynda Benglis, célèbre pour ses sculptures qui transforment des surfaces planes en volumes spectaculaires grâce au nouage, au plissage ou au moulage. Une démarche qui, selon le couturier, fait écho au travail de la haute couture, où un simple morceau de tissu peut soudainement acquérir une présence presque architecturale.




Et il faut reconnaître qu’il maîtrise son sujet. Les larges plis, parfois baptisés « mille-feuilles », donnent aux vêtements une impression de mouvement permanent. Une robe semble respirer. Un ensemble en maille vert pomme évoque une plante carnivore. Quant aux manteaux, ils s’ornent de fougères brodées comme si Mère Nature avait obtenu un stage chez Dior.
La palette de couleurs reste volontairement sobre – beaucoup de blanc, de noir et de gris – mais Jonathan Anderson glisse quelques éclats de cuivre, d’argent, de rouge ou de vert éclatant, histoire de rappeler que le minimalisme peut aussi avoir le sens du spectacle.
Évidemment, un défilé Dior ne serait pas complet sans son casting de célébrités. Sabrina Carpenter, Josh O’Connor, Pharrell Williams ou encore Priyanka Chopra ont pris place au premier rang pour observer ce festival de plis savamment orchestrés.


À seulement 41 ans, Jonathan Anderson confirme un peu plus son statut d’enfant prodige de la mode. Après avoir dévoilé en juin sa première collection masculine pour Dior, il dirige désormais les lignes féminine, masculine et haute couture de la maison. Une responsabilité historique, puisqu’il est le premier créateur à superviser les trois univers de Dior depuis Christian Dior lui-même.
Son nom continue d’ailleurs d’alimenter quelques. Ces dernières semaines, il a notamment été présenté comme le possible créateur de la robe de mariée que Taylor Swift porterait pour son très médiatisé mariage avec Travis Kelce à New York. De quoi ajouter une couche de mystère à un créateur qui semble aimer les plis… jusque dans le scénario.
Pendant ce temps, la Semaine de la Haute Couture poursuit son marathon créatif. La Néerlandaise Iris Van Herpen a envoyé ses silhouettes dans les étoiles avec une collection inspirée du système solaire, mêlant matériaux futuristes et volumes hypnotiques. Balenciaga et Jean Paul Gaultier reviennent sur les podiums après une saison d’absence, sous le regard impatient d’une planète mode toujours avide de surprises.



