Le luxe n’a peut-être plus le vent en poupe, mais Chanel, lui, semble avoir trouvé un courant ascendant. Alors que plusieurs grandes maisons avancent à petits pas dans un marché devenu plus exigeant, la griffe française accélère franchement. Et derrière cette performance, un nom revient avec insistance : Matthieu Blazy.
La maison de la rue Cambon aurait signé un premier semestre en fanfare, avec une progression de ses ventes à périmètre comparable d’environ 16 %, soit bien au-delà du rythme affiché par plusieurs de ses prestigieux concurrents. Comme quoi, même lorsque la conjoncture fait grise mine, un sac à main bien coupé et une veste en tweed peuvent encore provoquer quelques emballements.
Le principal artisan de cette embellie porte un nom : Matthieu Blazy. Arrivé aux commandes du prêt-à-porter, de Couture et des accessoires, le créateur a vu ses premières collections, commercialisées en mars dernier, séduire une clientèle fortunée manifestement peu sensible aux turbulences géopolitiques ou aux discours sur le ralentissement de la consommation. Chez Chanel, les bonnes nouvelles semblent désormais se porter en total look.
La locomotive reste naturellement la division mode, qui représente près de 60 % du chiffre d’affaires du groupe et qui aurait progressé au même rythme que l’ensemble des ventes. Mais le reste de la maison n’est pas resté dans les coulisses. Les montres et la haute joaillerie auraient bondi d’environ 35 %, propulsées par le succès de la collection Coco Crush, tandis que les parfums et les produits de beauté auraient enregistré une hausse proche de 8 %.
Autre surprise, la croissance ne s’est pas limitée à quelques marchés privilégiés. Toutes les régions auraient contribué à la performance, y compris la Chine et le Moyen-Orient. Les États-Unis, eux, auraient joué les premiers de la classe avec une envolée des ventes dépassant 25 %. Même juillet aurait prolongé cette dynamique, même si le rythme devrait logiquement ralentir au fil de l’année, les comparaisons devenant plus exigeantes.
Ce tableau contraste avec celui d’une industrie du luxe davantage habituée ces derniers mois aux demi-teintes. Richemont a certes impressionné grâce aux bijoux Cartier, mais chez LVMH, la division mode et maroquinerie s’est contentée d’une progression organique de 1 %. Quant à Dior, désormais emmené par Jonathan Anderson, les débuts sont encourageants sans toutefois atteindre le niveau de l’effet Blazy.
Fidèle à sa discrétion légendaire, Chanel n’a pas souhaité commenter ces chiffres. La maison privée ne publie ses résultats qu’une fois par an et avait annoncé en mai un chiffre d’affaires annuel de 19,3 milliards de dollars pour 2025, en hausse de 1,8 %.



