La planète mode a perdu son dernier empereur. Giorgio Armani, 91 ans, est parti en laissant derrière lui un empire de tissus, de tailleurs et de beiges infiniment dégradés. Oui, il est mort. Mais rassurez-vous : son style, lui, reste éternel.
Giorgio Armani n’était pas du genre à faire du bruit. Né le 11 juillet 1934 à Plaisance, il a appris très tôt que la discrétion pouvait être plus efficace que le strass. Et croyez-le : un homme qui maîtrise la « sprezzatura », cette élégance décontractée, sait que le secret réside dans la simplicité, ou dans la capacité à faire croire que rien n’est calculé… alors que tout l’est.
1970 : Giorgio Armani, jeune styliste, sort du giron de Nino Cerruti avec des idées plein la tête et une obsession : déconstruire le costume. Quatre ans plus tard, avec son complice Sergio Galeotti, il lance sa maison. Leur première collection masculine fait sensation. Une veste déstructurée et hop : le costume traditionnel est réinventé. Les femmes suivent bientôt, découvrant qu’elles pouvaient s’habiller avec liberté, élégance… et talons plats.
Le cinéma : tapis rouge et costume ajusté
Hollywood adore les icônes, et Armani les a séduits. Diane Keaton, Richard Gere, Sean Connery… tous passent sous ses aiguilles. Il ne s’arrête pas là : Lady Gaga en tube fluorescent, Cate Blanchett en manteau oversize. Armani pouvait tout, sauf passer inaperçu – et il adorait ça.
Prêt-à-porter, haute couture, parfums, déco, hôtels, restaurants… Giorgio Armani n’a jamais fait les choses à moitié. Près de 500 boutiques dans 46 pays, une indépendance jalousement protégée, et une règle d’or : rester libre pour créer. Son style est partout, sans jamais être envahissant.
La dernière touche
Même à 90 ans, il orchestrait des défilés monstres à New York et des anniversaires couture à Paris. Toujours fidèle à lui-même, il déclarait : « L’élégance, c’est l’art de ne pas être oublié sans se faire remarquer. » Armani est parti, mais ses créations continueront d’envelopper sans écraser. Un vrai maître, qui savait que la mode, au fond, n’était pas qu’un vêtement : c’était une attitude, une allure.





