À première vue, rien ne distingue Arthur Heilbronn d’un trentenaire new-yorkais bien né : costume taillé, CV impeccable, adresse professionnelle dans une tour de verre de « Billionaires’ Row », ce couloir de gratte-ciel clinquants au sud de Central Park. Sauf que lui ne jongle pas seulement avec des portefeuilles d’actions : il est l’un des héritiers les mieux placés pour superviser Chanel.
Dans l’univers du luxe, on connaît les Arnault, omniprésents, ou les Pinault, collectionneurs d’art et mécènes médiatisés. Les Wertheimer, eux, ont toujours préféré l’ombre. Pas de tapis rouge, pas de petites phrases assassines en Une des journaux. Juste une stratégie millimétrée : faire fructifier l’empire Chanel tout en évitant le bruit.
Arthur Heilbronn, 38 ans, perpétue cette tradition. Un diplôme à Harvard, un passage par Goldman Sachs, puis l’entrée en 2019 dans le très secret Mousse Partners, le family office de la famille. Résultat ? En quelques années, le jeune homme s’est retrouvé aux commandes de deals aussi confidentiels que stratégiques.
Héritier, mais pas « jet-set »
Contrairement à d’autres enfants de milliardaires qui investissent dans des vignobles ou des yachts, Arthur Heilbronn préfère les dossiers financiers costauds. Privatiser Rothschild & Co. avec d’autres grandes familles françaises ? Présent. Soutenir des start-up de santé mentale ou de biotechnologie ? Présent aussi.
Un héritier qui lit des rapports annuels plus que des tabloïds : c’est rare, et ça plaît aux Wertheimer.
Un parfum de succession
Alain et Gérard Wertheimer, les patriarches de Chanel, ont passé les 70 ans. Leur fortune est stable, leur maison de couture résiste au ralentissement du luxe et leur discrétion reste légendaire. Mais dans les coulisses, la relève se prépare. Arthur Heilbronn coche toutes les cases du candidat idéal : compétent, loyal, et surtout, parfaitement habitué au silence.
Car chez Chanel, la succession n’est pas une série Netflix pleine de rebondissements. C’est un ballet feutré, où les décisions se prennent derrière des portes capitonnées, loin des flashs.
Le luxe de ne rien dire
La dynastie Wertheimer-Heilbronn n’a jamais cédé à la tentation du storytelling. Là où Arnault commente chaque trimestre les performances de LVMH, les propriétaires de Chanel se contentent de laisser parler leurs sacs 2.55 et leurs montres J12. Arthur Heilbronn, fidèle à cette ligne, se garde bien de s’exposer.
C’est peut-être ça, finalement, le vrai luxe aujourd’hui : posséder l’un des empires les plus puissants du monde… et ne jamais avoir besoin de le montrer.





