Le tweed est fluide, l’ambiance est beige, et la mariée porte un épi de blé. Chanel a présenté sa collection haute couture automne-hiver 2025-2026. C’était beau, sobre, maîtrisé. Et légèrement soporifique. Mais courage, septembre arrive.
Silence, beige et chevrons. Ce mardi 8 juillet, Chanel avait convoqué la crème des invités triés sur le volet pour un défilé dans le Salon d’Honneur du Grand Palais. Pas la nef habituelle, non — trop grand, trop spectaculaire, trop « avant ». Ici, tout est feutré, presque chuchoté. Comme un retour aux racines, mais version silencieuse. Ou comment réaffirmer ses fondamentaux sans réveiller personne.
La scénographie ? Du beige. Les vêtements ? Du tweed assoupli, du tricot bien élevé, des couleurs inspirées de forêt automnale : écru ou chocolat. Le tout taillé dans l’excellence artisanale, mais sans éclat de génie. C’est propre, c’est luxueux, c’est Chanel. Mais c’est un peu long.






Une élégance qui fleure bon la lande écossaise
Inspirée par les paysages anglais et autres références bucoliques déjà bien balisées, la collection fait le choix du confort. Ce n’est pas une critique : après tout, qui ne rêve pas d’une cape de tweed tricoté pour aller cueillir des champignons avec style ? Mais si cette collection évoque une balade romantique à la campagne, elle ne prend pas vraiment le risque de se perdre.
Tout est pensé, léché, maîtrisé. Trop peut-être. On sent la maison qui retient son souffle, qui se serre un peu la ceinture créative, qui attend. Attendre qui ? Matthieu Blazy, bien sûr.
Blé d’or et silence doré
Sur chaque siège, un épi de blé, symbole porte-bonheur fétiche de Gabrielle Chanel. Dans les robes, on le retrouve brodé, découpé en chevrons, glissé en détail. Jolie idée, mais rien de neuf sous le soleil de la moisson couture. La mariée ferme le bal, drapée dans une robe fluide et sage, bandeau sur la tête et bouquet de blé en main. On est loin des folies nuptiales de certaines saisons. Et très, très loin d’un frisson mode.

Vivement septembre…
Ce défilé, c’est un peu le dernier chapitre d’un livre qui s’essouffle. La maison Chanel, monument immuable, tourne doucement une page en attendant son nouveau narrateur. Matthieu Blazy, ex-Bottega, futur prophète du double C, entre en scène en septembre 2025. Et si ce défilé était un dernier soupir avant le renouveau ? Un calme plat avant une tempête stylistique ? On croise les doigts.
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