À Paris, le restaurant italien Nonno Nino fait dialoguer les saveurs et la matière jusqu’à bouleverser la perception du goût. Reportage gustatif où l’assiette est aussi importante que ce qu’elle contient.
À première vue, ça ressemble à un détail. Une assiette, après tout, c’est juste un support pour poser le dîner, non ? Pas chez Nonno Nino. Ici, dans le XVIIe arrondissement de Paris, le contenant est devenu une arme de séduction massive. En 2025, le restaurant italien sert ses pâtes, poissons et viandes dans une céramique artisanale venue tout droit des Pouilles, façonnée à la main par des artisans locaux.
Pourquoi ? Parce que le patron, Kevin Negro, pense qu’une fourchette de gnocchi dans une assiette moulée par un céramiste de sa région natale a meilleur goût qu’une fourchette de gnocchi dans un bol standard. Et il n’est pas seul à le croire : ses clients lui donnent raison à coups d’index sur la joue.
À la carte, l’Italie sans filtres
Chez Nonno Nino, on ne joue pas la carte de « l’Italie Instagram ». Pas de Vespa rouge en plastique ni de fausse vigne suspendue au plafond. Ici, les murs sont tapissés de photos de famille, de journaux jaunis gardés par les grands-parents, et les tables accueillent des plats qui sentent bon le sud de l’Italie… parce qu’ils en viennent.
Tout est fait maison : pâtes du jour, focaccia moelleuse (le pain, ici, est une option dépassée), desserts sans chichi. La carte fait voyager : Tris d’arancini aux parfums de truffe, tomate et betterave. Gnocchi au pesto de roquette et stracciatella, un équilibre entre fraîcheur et onctuosité. Pappardelle Salentine avec crème de brocolis, ricotta et saucisse au fenouil.
On retrouve aussi les classiques maison : Spaghetti alla Pescatora, Tagliolini à la truffe râpée à table, Maccheroni Cacio & Pepe relevés à la pistache. Les viandards ne sont pas oubliés, de la Scaloppina al tartufo à la Cotoletta alla milanese. En dessert, un choix resserré mais soigné : tiramisu, panna cotta, tortino au chocolat… et même un limoncello accompagné de dolci maison.






Pourquoi cette obsession du contenant ?
Parce que manger, ce n’est pas juste avaler. C’est toucher, sentir, se souvenir.
Chaque assiette raconte une histoire : la terre rouge des Pouilles, les mains des artisans, les nuances minérales qui rappellent les côtes adriatiques. Un peu comme si votre dîner arrivait avec un billet d’avion inclus.

Du design à la Pasta
Avant de mijoter des sauces, Kevin Negro dessinait des intérieurs élégants avec son oncle. De cette première vie professionnelle, il a gardé un œil pointilleux pour le détail. Résultat ? Chez Nonno Nino, la recette ne s’arrête pas à la cuisine. C’est un puzzle où chaque pièce – cadre, accueil, musique, assiette – sert à raconter la même chose : « Bienvenue chez nous. »
Et c’est peut-être ça, la vraie recette.
Plus de renseignements sur nonnonino.fr





