Le géant du luxe LVMH semble vouloir alléger un portefeuille devenu tentaculaire. Selon plusieurs informations concordantes relayées par picolino.fr, le groupe dirigé par Bernard Arnault étudierait la cession de plusieurs marques jugées non stratégiques, dans la beauté, les spiritueux et même le travel retail.
Depuis plus d’un an, le nom de Marc Jacobs circule déjà parmi les actifs susceptibles d’être vendus. Des discussions auraient notamment eu lieu avec Authentic Brands Group autour d’un accord valorisant la marque à près d’un milliard de dollars. Mais le dossier tarde à aboutir.
Cette fois, les spéculations s’étendent à d’autres activités. Dans la beauté, Fenty Beauty, détenue à 50 % par LVMH et portée par Rihanna, ferait partie des actifs étudiés. La participation du groupe français serait estimée entre 1,5 et 2,5 milliards de dollars. Une manière pour LVMH de tourner définitivement la page de son aventure dans le prêt-à-porter avec la star, interrompue dès 2021 après un lancement très médiatisé.
Plus inattendu encore, deux marques historiques de cosmétiques seraient également dans le viseur des banques d’affaires : Make Up For Ever et Fresh. Le mouvement s’inscrit dans une vaste recomposition du secteur de la beauté, où les géants cherchent à recentrer leurs investissements sur les marques à très forte rentabilité et à forte désirabilité mondiale.

Même logique dans les vins et spiritueux. Fragilisée par le ralentissement de la consommation aux États-Unis et en Chine, la division pilotée par Jean‑Jacques Guiony envisagerait de céder certains actifs, parmi lesquels le rhum Eminente et les domaines californiens Joseph Phelps Vineyards.
Ce ménage stratégique intervient alors que LVMH accélère sa transformation interne. Ces derniers mois, le groupe s’est déjà désengagé de Stella McCartney et de la marque créée autour de l’héritage de Virgil Abloh. Le conglomérat cherche également une porte de sortie pour DFS Group, son activité historique de distribution aux voyageurs.
En coulisses, la consigne semble claire : concentrer les ressources sur les locomotives du groupe. Louis Vuitton, Dior et Tiffany & Co. incarnent désormais le cœur du réacteur, tandis que les maisons plus fragiles subissent une pression croissante sur leur rentabilité.
Pour autant, LVMH ne donne pas le sentiment de battre en retraite. Le groupe conserve une puissance financière considérable, avec un cash-flow disponible dépassant les 11 milliards d’euros en 2025. De quoi continuer à regarder vers de futures acquisitions. Le nom de Patek Philippe revient régulièrement dans les spéculations de marché, tout comme celui de Richemont. Et surtout, l’ombre de Giorgio Armani plane désormais sur les ambitions du groupe français : le créateur italien aurait désigné LVMH parmi les repreneurs privilégiés de son empire dans son testament.
Dans le luxe aussi, l’époque est à la rationalisation. Même les empires apprennent à voyager plus léger.




