On attendait des paillettes, des costumes trois-pièces huilés et une ode à l’hédonisme calibrée façon Tom Ford. On a eu… du brouillard matinal, des miroirs embués et des personnages qui semblent s’être échappés d’un film de David Lynch. Haider Ackermann a pris les clés de la maison et, plutôt que de reproduire le style flamboyant de son prédécesseur, il a décidé de plonger dans une aube cinématographique, mystérieuse et sensuelle.
Les silhouettes défilent comme des fantômes élégants : pastels tranchants, noirs abyssaux, gris chirurgicalement découpés. Rien de criard, tout est contenu, tendu, comme si chaque couture retenait un secret. On ne sait pas vraiment si les mannequins sortent d’une soirée trop longue ou d’un rêve inachevé. Peut-être des deux.
Le cadre ? Des miroirs embués, déjà vus lors du premier défilé d’Haider Ackermann, qui jouent ici les partenaires silencieux d’un ballet d’identités dédoublées. C’est flou, mais volontairement. L’élégance se mêle au trouble, la précision au vertige.




Résultat ? Une campagne qui ne se regarde pas comme une pub de parfum mais comme une scène coupée d’un film qui n’existe pas. Haider Ackermann signe une entrée chez Tom Ford en brouillant les pistes, sans trahir l’ADN de la maison. Après tout, quoi de plus “Tom Ford” que de cultiver le désir à travers le mystère ?
Plus de renseignements sur tomfordfashion.fr





