On la connaissait pour ses films baignés de mélancolie pastel. Cet automne, Sofia Coppola troque la pellicule pour le papier glacé avec Chanel Haute Couture, un livre d’art qui ressemble autant à un album de famille qu’à un coffre aux trésors.
Flash-back : été 1986. Tandis que Madonna occupe les radios, une ado californienne débarque à Paris, bague aux dents et tailleur flambant neuf. Ses parents, Eleanor et Francis Ford Coppola, l’ont envoyée découvrir le monde des grands. Direction les ateliers Chanel, où Karl Lagerfeld, alors en pleine révolution couture, redonne du souffle à la maison.
Je n’oublierai jamais l’énergie, la camaraderie et l’excitation qui y régnaient
écrit-elle aujourd’hui. Le virus de la mode est attrapé.
Près de quarante ans plus tard, Sofia Coppola rouvre ce tiroir de souvenirs et le mélange à des archives maison : clichés backstage, photos volées, campagnes cultes, tapis rouges, dentelles et croquis. Résultat ? Un pavé doré de 500 pages, mi-journal intime, mi-anthologie couture. On y croise Gabrielle Chanel, Karl Lagerfeld, Inès de la Fressange, Naomi Campbell et même Dua Lipa — comme un générique de film où chaque muse joue son rôle.




Le cinéma de la couture
Ce livre, c’est aussi du Coppola pur jus : un sens du détail, une atmosphère feutrée, un art de transformer l’intime en universel. En racontant Chanel, Sofia Coppola raconte surtout une initiation : celle d’une ado qui, un jour, a couru avec des robes au sommet de la rue Cambon, et qui n’a jamais cessé d’en être marquée.
“Chanel Haute Couture”, par Sofia Coppola, Éditions 7L et MACK. À feuilleter avant le défilé du 6 octobre.





