On pensait avoir tout vu, tout goûté, tout photographié dans l’univers des brasseries parisiennes. Et puis Loulou Groupe a décidé de jouer un nouveau tour à la capitale. Son dernier coup de théâtre s’appelle Le Grand Café, niché en plein cœur du Grand Palais, là où l’architecture tutoie les nuages et où les murs transpirent la grande Histoire.
Derrière ce décor digne d’un rêve en cinémascope, Joseph Dirand, toujours lui, pose son empreinte avec la précision d’un horloger romantique. Il assemble les matières comme d’autres écrivent des poèmes : des murs couleur ocre qui semblent avoir tout vu, des structures métalliques vert-de-gris qui grincent presque de nostalgie, des miroirs piqués qui renvoient plus de souvenirs que de reflets. Le lieu a des allures de gare imaginaire, un quai suspendu entre hier et demain, où l’on attend non pas un train mais une émotion.
Passé la porte, on comprend que quelque chose se trame. Les conversations prennent de la hauteur, les verres tintent comme des notes de musique, un orchestre s’invite sans prévenir et voilà que le dîner se transforme en opéra. Un soufflé à la truffe fait son entrée en scène, les ris de veau croustillent comme un dialogue bien écrit et même la mozzarella décide de s’encanailler avec une poire végétarienne. La carte joue l’équilibriste entre les grands classiques et les petites folies. On partage, on picore, on hésite, on recommence. Tout le monde devient un peu acteur, un peu critique gastronomique, un peu amoureux.


Et puis il y a le bar. Pas un coin sombre avec trois bouteilles poussiéreuses, non, un vrai personnage à part entière, à mi-chemin entre le théâtre et l’alchimie. Derrière le comptoir, Colin Field, légende liquide, compose des cocktails comme on sculpte des souvenirs. Les classiques sont là, habillés pour sortir, mais les créations plus espiègles n’attendent qu’un clin d’œil pour voler la vedette. Limoncello Spritz en robe solaire, shochu japonais en costume de soirée, les verres deviennent des messagers, des promesses, des surprises.
Et le service, dans tout ça ? C’est un ballet silencieux, chorégraphié avec une grâce presque absurde. Les nappes blanches sont impeccables sans être prétentieuses, les guéridons roulent avec panache, les découpes en salle sont des numéros de prestidigitation. On n’est pas servi, on est accueilli comme un personnage qu’on attendait pour lancer l’intrigue.
Le Grand Café, ce n’est pas un restaurant. C’est un lieu où l’on vit comme dans un film dont on ignore encore la fin, mais qu’on veut revoir dès le lendemain. Un endroit où la vie est un peu plus belle, un peu plus tendre, un peu plus spectaculaire. Un endroit où Paris, une fois de plus, réussit à nous surprendre.
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