Le 7 octobre prochain, la Fondation Louis Vuitton accueillera une exposition hors normes consacrée à Gerhard Richter. Entre abstraction, flou artistique et expérimentations numériques, cette rétrospective promet une claque visuelle singulière.
Oublier tout ce que l’on croit savoir sur la peinture contemporaine. À partir de l’automne 2025, Gerhard Richter, géant de l’art vivant, investira la Fondation Louis Vuitton avec 270 œuvres, soigneusement réparties en dix sections. Un marathon esthétique à la fois déroutant et hypnotique, où la figuration dialogue avec l’abstraction, la photo avec l’algorithme, et l’intime avec le politique.
Dès les premières salles, le ton est donné. Les tableaux peints à partir de vieilles photos – Onkel Rudi, Tante Marianne – font ressurgir la mémoire collective dans une brume subtile. Rien n’est net, tout est chargé de sens. Gerhard Richter peint comme d’autres écrivent, en brouillant les pistes, en laissant place au doute.
Même les portraits les plus doux, comme celui de sa fille Betty (1977), résistent à toute interprétation facile. Gerhard Richter ne donne jamais de réponses claires. Il préfère poser des questions visuelles.

Une expo pensée comme une série à épisodes
Les commissaires Dieter Schwarz et Nicholas Serota ont imaginé un parcours en dix étapes, chacune correspondant à une décennie. Une structure qui permet de suivre l’évolution d’un artiste constamment en mouvement, refusant de se laisser enfermer dans un style unique. Ici, chaque section est un tournant, chaque salle une mue artistique.
L’art contemporain version high-tech
Au fil du parcours, les formats explosent. À la fin des années 2000, Gerhard Richter commence à intégrer des logiciels dans sa pratique. Résultat ? Des œuvres comme 4900 Colors ou Strip, véritables symphonies chromatiques générées par ordinateur, viennent dialoguer avec ses premières toiles floues. C’est coloré, vertigineux, presque hypnotique.
Et puis il y a 18 octobre 1977, série glaçante consacrée à la bande à Baader, véritable uppercut politique. Une plongée dans la violence et l’ambiguïté de l’histoire allemande, vue à travers le prisme du flou.

Une expérience à vivre, pas à commenter
Cette exposition est un voyage mental. Les œuvres ne s’expliquent pas, elles se ressentent. Certaines hypnotisent, d’autres dérangent, toutes interpellent. C’est à la fois une leçon d’histoire de l’art et un laboratoire sensoriel. À suivre, donc.
Gerhard Richter à la Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris. Du 17 octobre 2025 au 2 mars 2026. Plus de renseignements sur fondationlouisvuitton.fr





