Gucci a changé de chef et la maison italienne n’est plus tout à fait la même. Depuis mars dernier, Demna, roi de la post-ironie et prodige géorgien de la mode, a pris les rênes, et il ne vient pas pour caresser les traditions : il vient pour les secouer.
Avec La Famiglia, sa première collection pour Gucci, il ne se contente pas de montrer des vêtements. Non. Il sert un casting complet : La Bomba, La Cattiva, L’Influencer… Des personnages dignes d’une téléréalité italienne version haute couture, chacun incarnant un Gucci revisité, exubérant, parfois absurde, mais toujours terriblement stylé.
Le passé ? Oui, il y est. Mais juste ce qu’il faut pour faire sourire : un manteau rouge des années 1960, des sacs Bamboo ou des mocassins Horsebit qui ont pris quelques centimètres et beaucoup d’assurance. Même le motif Flora, autrefois innocent, se fait plus sombre, plus rock’n’roll, comme pour dire :
Le luxe, c’est sérieux, mais on s’amuse quand même.




Et puis il y a la collision des extrêmes : plumes d’opéra + bas transparents, maillots sculpturaux + couture classique. Un mélange improbable ? Exactement. Mais dans cette folie, Demna trace une nouvelle grammaire du style : Gucci n’est plus seulement chic italien, il est désormais polymorphe, outrancier et parfaitement sûr de lui.
La Famiglia a déjà posé ses règles. Ici, l’excentricité devient héritage, la famille Gucci se réinvente à coups de fantaisie, et Demna, tout sourire, semble dire :
Vous pensiez connaître Gucci ? Oubliez tout.





