• Lifestyle
  • Tendances
  • Business
  • Beauté
  • Food
  • Vins • Spiritueux
  • Culture
  • fr
    • en
    • fr
    • it
No Result
View All Result
  • Lifestyle
  • Tendances
  • Business
  • Beauté
  • Food
  • Vins • Spiritueux
  • Culture
  • fr
    • en
    • fr
    • it
No Result
View All Result

Hermès, LVMH et les actions fantômes…

by fabrice gil • giornalista
24 septembre 2026
0
FacebookTwitterLinkedInwhatsappemail

Un accord signé en 2002, des dizaines de millions d’euros versés à un gestionnaire de fortune et des actions Hermès dont la trace s’est mystérieusement brouillée… Le dossier Nicolas Puech ajoute une nouvelle couche d’intrigues à une saga judiciaire déjà baroque.

Dans le monde feutré du luxe français, les milliards ont au moins une qualité. Ils savent se montrer très discrets. Prenez les quelque 6 % d’Hermès que Nicolas Puech, héritier de la famille fondatrice, affirme avoir possédés avant de découvrir, en 2022, qu’ils avaient disparu. Une participation qui, aux cours actuels, représenterait environ 10 milliards de dollars, soit quelque 8,8 milliards d’euros.

À découvrir

Maserati transforme le cuir en objet de désir

Comment les hommes ont transformé le sac à main en nouvelle arme de séduction

Une broutille, en somme. Juste de quoi égarer quelques dizaines de sacs Birkin.

Le dossier vient de connaître un nouveau rebondissement. Dans un document déposé devant la justice en juin dernier, LVMH affirme n’avoir « jamais envisagé d’acquérir la participation de Nicolas Puech, et encore moins contre son gré ». Mais il y a un problème. Des documents juridiques montrent qu’en 2002, LVMH avait signé un accord portant précisément sur le rachat d’actions détenues par Nicolas Puech, dans le cadre d’une opération élaborée avec son gestionnaire de fortune de l’époque, Éric Freymond. Voilà qui complique quelque peu la notion de « jamais ».

Un accord qui n’aurait jamais servi… mais qui existait quand même

L’accord, signé le 12 novembre 2002, prévoyait que LVMH rachète des millions d’actions Hermès à Nicolas Puech et à d’autres membres de la famille fondatrice. Selon Alexandre Montavon, l’avocat suisse qui conseillait alors LVMH et travaillait également avec Éric Freymond, l’opération avait été négociée avec le gestionnaire de fortune.

LVMH soutient toutefois que cet accord n’a finalement jamais été exécuté. Dans des conclusions déposées en Suisse en 2017, le groupe expliquait que l’opération avait été suspendue dans l’attente de vérifier qu’Éric Freymond disposait bien des pouvoirs nécessaires pour agir au nom de Nicolas Puech. Autrement dit, il y avait bien un accord pour acheter les actions, mais il n’aurait finalement pas servi. Une nuance juridique qui, dans un dossier portant sur plusieurs milliards d’euros, mérite évidemment toute l’attention du lecteur.

LVMH affirme par ailleurs n’avoir jamais demandé à Éric Freymond de mettre l’accord à exécution. Le document aurait même été détruit à la fin de 2010, année où le groupe révélait au grand jour l’ampleur de sa participation dans Hermès. Pourquoi détruire le document ? LVMH ne répond pas sur ce point.

Quand LVMH voulait acheter Hermès…

L’affaire remonte à une période particulièrement mouvementée de la rivalité entre les deux géants français du luxe. Au début des années 2000, LVMH commence à accumuler discrètement des actions Hermès. Selon ses propres documents judiciaires, le groupe avait déjà constitué 4,9 % du capital en 2002, avec l’aide d’Éric Freymond.

Le groupe ne comptait manifestement pas s’arrêter là.

D’après le témoignage d’Alexandre Montavon, Éric Freymond aurait proposé un mécanisme permettant de dissimuler l’identité du véritable acquéreur. Des actions détenues par différents membres de la famille Hermès auraient ainsi pu transiter par les comptes de Nicolas Puech, avec un financement assuré par LVMH. L’objectif était simple. Eviter que certains héritiers, qui auraient pu refuser de vendre à un concurrent direct, sachent que leurs actions finiraient dans les mains de LVMH.

Selon la transcription de son audition, Alexandre Montavon a expliqué aux procureurs qu’Éric Freymond avait suggéré d’effectuer les transactions « par l’intermédiaire de Nicolas Puech, financées par LVMH ». LVMH n’a pas répondu aux questions de Reuters concernant cette utilisation présumée du compte de Nicolas Puech.

La subtilité était donc de mise. Dans le secteur du luxe, après tout, même une prise de participation hostile peut apparemment bénéficier d’un emballage cadeau.

La surprise de 2010

Le secret a fini par devenir beaucoup moins secret en octobre 2010. LVMH révèle alors détenir 17 % d’Hermès, provoquant un séisme dans le petit monde très policé du luxe français. Sa participation montera ensuite jusqu’à 23 %, avant que le groupe accepte finalement, en 2014, de s’en séparer dans le cadre d’un accord.

Hermès avait dénoncé ce qu’il considérait comme une tentative de prise de contrôle hostile. Pendant ce temps, Nicolas Puech affirme aujourd’hui avoir perdu la trace de ses propres actions. Et c’est là que l’histoire devient particulièrement inconfortable.

Car les documents récemment révélés montrent que la relation entre LVMH et Éric Freymond était apparemment bien plus étroite que ne le laissaient entendre les récents démentis du groupe.

Au moins 20 millions de dollars de commissions

Entre 2001 et 2009, LVMH et la holding familiale de Bernard Arnault auraient versé au moins 20 millions de dollars, soit environ 17,4 millions d’euros, en commissions et honoraires à la société de gestion d’Éric Freymond. Ces versements interviennent précisément pendant la période où le gestionnaire contribuait à l’accumulation discrète de la participation de LVMH dans Hermès.

LVMH a expliqué devant la justice suisse que ces paiements visaient notamment à préserver ses relations avec Éric Freymond et à empêcher que celui-ci ne facilite la vente d’actions Hermès à d’autres concurrents. Une formulation délicate pour décrire une relation qui, au fil des années, semble avoir été financièrement plutôt prospère.

En 2016, Éric Freymond avait lui-même poursuivi LVMH en Suisse, estimant ne pas avoir été suffisamment rémunéré pour les services fournis dans le cadre de l’acquisition de titres Hermès. L’affaire s’est terminée par un accord amiable en 2019. LVMH a accepté de lui verser 10 millions d’euros supplémentaires. Le gestionnaire de fortune avait donc, au fil des années, une relation professionnelle avec LVMH suffisamment rémunératrice pour atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros.

Et parallèlement, il gérait la fortune d’un héritier d’Hermès. Tout cela, bien entendu, relève du hasard des rencontres professionnelles.

Le gestionnaire de fortune au centre de toutes les questions

Éric Freymond est désormais mort. En juillet 2025, il a été mortellement percuté par un train en Suisse, alors que les autorités françaises enquêtaient sur les circonstances de la disparition des actions de Nicolas Puech. Le parquet de Berne a conclu à un suicide.

Avant sa mort, Éric Freymond avait toujours nié toute malversation. Sa disparition laisse donc derrière lui une série de questions auxquelles il ne pourra plus répondre directement. Où sont passées les actions de Nicolas Puech ? Ont-elles été vendues ? À qui ? Avec quelle autorisation ? Certaines ont-elles finalement été acquises, directement ou indirectement, par LVMH ? Et si oui, dans quelles conditions ?

Pour l’heure, le mystère demeure.

« Je ne pense pas que ces actions puissent être récupérées »

Le patron d’Hermès, Axel Dumas, héritier de la famille fondatrice, avait déclaré après la mort d’Éric Freymond qu’il était depuis longtemps convaincu que Nicolas Puech ne détenait plus ses actions. « J’attends l’issue de l’enquête pénale », avait-il ajouté, tout en estimant ne pas penser que ces titres puissent être récupérés.

Une déclaration qui donne au dossier une tonalité presque crépusculaire. Des milliards disparus, un gestionnaire de fortune décédé et des documents dont certains ont été détruits. Nous sommes décidément loin de la communication habituelle sur l’excellence artisanale et la transmission familiale.

Une enquête pénale toujours en cours

La justice française cherche désormais à déterminer ce qui s’est réellement passé. Nicolas Puech a engagé l’an dernier une action en justice en France, réclamant 14 milliards d’euros de dommages-intérêts à ceux qui pourraient être reconnus responsables dans le cadre de l’enquête pénale portant sur la disparition de sa fortune.

L’action vise notamment LVMH, Bernard Arnault et des sociétés liées à Éric Freymond. Le parquet français enquête également sur le rôle éventuel d’Alexandre Montavon, l’avocat suisse qui avait conseillé LVMH lors de l’accord de 2002 et qui travaillait parallèlement avec Éric Freymond.

En mai, les procureurs ont indiqué par voie de presse qu’ils cherchaient notamment à déterminer si l’avocat avait « participé au détournement des actions Hermès de Nicolas Puech au profit de LVMH ». Aucune poursuite pénale n’a été engagée contre lui à ce jour. Son avocat affirme qu’Alexandre Montavon nie toute faute et qu’il n’avait jamais été informé, au moment des faits, que LVMH aurait acquis des actions appartenant à Nicolas Puech.

Lors de son audition devant les procureurs français, l’avocat a cependant reconnu avoir conseillé LVMH dans le cadre de l’accord de 2002. Il siégeait également au conseil d’administration de la société de gestion de fortune d’Éric Freymond. Il a déclaré n’avoir « absolument jamais » interrogé Nicolas Puech directement sur l’accord de 2002, expliquant que l’héritier avait un représentant auquel il avait donné tous pouvoirs.

Une affirmation dont la justice devra déterminer la portée exacte.

LVMH reconnaît une chose, nie l’autre

La position actuelle de LVMH est donc singulièrement intéressante. Le groupe reconnaît avoir travaillé avec Éric Freymond pour acquérir des actions Hermès. Il reconnaît également qu’un accord portant sur des achats d’actions à Nicolas Puech et à d’autres héritiers avait été signé en 2002. Mais il affirme que cet accord n’a jamais été exécuté et que, s’il arrivait que certaines actions appartenant à Nicolas Puech aient été acquises, cela aurait été fait à son insu.

Dans son document déposé au mois de juin, LVMH explique par ailleurs que l’acquisition directe de la participation de Nicolas Puech n’aurait eu aucun sens : le groupe aurait plutôt cherché à convaincre l’héritier de rejoindre un bloc d’actionnaires destiné à peser sur Hermès.

Une stratégie qui aurait supposé, logiquement, que Nicolas Puech conserve ses actions. Ce qui nous ramène précisément au mystère initial : les aurait-il conservées ?

Le luxe, version coffre-fort sans la combinaison

Hermès, fondé en 1837, est aujourd’hui l’une des entreprises les plus valorisées et la plus florissante de France. Son capital reste largement contrôlé par les descendants de la famille fondatrice, répartis entre plusieurs branches et plus d’une centaine d’héritiers.

LVMH, de son côté, est devenu le premier groupe mondial du luxe sous la direction de Bernard Arnault, après avoir bâti un empire regroupant plus de 75 marques, de Louis Vuitton à Dior, en passant par le champagne, les parfums, les montres et la joaillerie.

Deux empires. Deux familles. Des milliards. Et, au milieu, une participation de 6 % dont la trace s’est évaporée. Le dossier judiciaire devra désormais établir si ces actions ont simplement changé de mains, si elles ont été vendues avec l’autorisation de leur propriétaire, si elles ont été détournées ou si une partie d’entre elles a, d’une manière ou d’une autre, rejoint les intérêts de LVMH.

Pour l’instant, aucune de ces hypothèses n’est judiciairement établie.

Une chose, en revanche, semble parfaitement documentée : LVMH et Éric Freymond ont bel et bien travaillé ensemble pour accumuler des actions Hermès, un accord de 2002 prévoyait le rachat de titres détenus notamment par Nicolas Puech, et des dizaines de millions d’euros ont circulé entre les protagonistes au fil des années. Quant à savoir si les actions de Nicolas Puech ont réellement été achetées par LVMH, la réponse reste suspendue aux investigations.

À lire aussi

À Milan, la mode cherche le bouton « reset »
Fashion Week® Mode féminine

À Milan, la mode cherche le bouton « reset »

23 septembre 2026

Un nouveau duo chez Moschino, Demna chez Gucci, Maria Grazia Chiuri chez Fendi et une pluie de nouvelles et grandes boutiques...

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

À PROPOS de PICOLINO.fr

Lancé officiellement le 3 avril 2025, picolino.fr est un média réservé à l’art de vivre, à la mode et à la culture.

Dans un contexte de profondes mutations économiques et politiques, un changement de paradigme s’impose : picolino.fr entend repenser en profondeur la manière dont le luxe, les tendances et la gastronomie dialoguent avec le public. À l’affût des dernières nouveautés et des courants émergents, nous avons pour ambition d’offrir une vision nouvelle de l’actualité, en révélant les inspirations et les évolutions qui définissent notre époque.

INFORMATIONS UTILES

Tous les produits présentés dans nos articles ont été choisis en toute indépendance. Les prix indiqués sont donnés à titre informatif et peuvent varier.

La reproduction totale ou partielle d’un article, sans l’autorisation écrite et préalable de picolino.fr, est strictement interdite.

REJOIGNEZ-NOUS !

Suivez picolino.fr sur les réseaux sociaux et restez informés en temps réel ! Actus, tendances, exclusivités… Tout ce qu’il faut savoir des nouvelles inspirations lifestyle, des dernières pépites culturelles et des idées stylées au quotidien, au bon moment et au bon endroit.

Rejoignez la conversation, échangez avec nous !

  • CONTACT
  • NEWSLETTER
  • MENTIONS LÉGALES
  • POLITIQUE DE CONFIDENTIALITÉ

Copyright © 2025 picolino.fr • Tous droits réservés

No Result
View All Result
  • Lifestyle
  • Tendances
  • Business
  • Beauté
  • Food
  • Vins • Spiritueux
  • Culture

Copyright © 2025 picolino.fr • Tous droits réservés