Après avoir fait sensation à New York, Jaguar poursuit sa révolution électrique à Turin. Pour sa première apparition européenne, la Type 01 s’invite à Artissima, célèbre foire d’art contemporain, avec une ambition assumée : faire de l’automobile une véritable expérience esthétique.
Une voiture dans une galerie d’art ? Jaguar n’y voit manifestement aucune contradiction. Du 30 octobre au 1er novembre 2026, le constructeur britannique présente sa nouvelle Type 01 à Artissima, à Turin, au milieu de 183 galeries venues de 35 pays. Un drôle d’objet dans un univers où les sculptures ont rarement quatre roues, mais qui semble parfaitement à sa place.
Baptisée « 01 of a Kind », l’installation dévoile le modèle électrique ainsi que les recherches de matières et les différentes étapes de sa conception. Une manière de prolonger le spectacle amorcé à New York le 6 octobre dernier, lors d’un lancement particulièrement remarqué.


Une sculpture de plus de cinq mètres
Deux ans après la présentation du concept Type 00 à Gaydon, Jaguar semble avoir réussi son pari : transformer une vision futuriste en voiture de série sans en diluer l’audace. Long capot, toit bas, surfaces lisses et proportions spectaculaires : cette GT électrique de plus de cinq mètres ne fait décidément rien comme les autres.
Son architecture dédiée, baptisée JEA, a permis de préserver les lignes du concept initial. Un véritable défi, comme le raconte Axel Goulée : « Beaucoup d’ingénieurs nous ont répété que notre concept car n’avait aucune chance de rouler un jour sur la route. Nous leur avons alors demandé de faire l’impossible ».
Avec jusqu’à 1 030 chevaux annoncés, la Type 01 pourrait facilement miser sur sa puissance pour impressionner. Pourtant, Jaguar préfère laisser parler son design. Et avec une telle silhouette, difficile de passer inaperçu, même dans une foire où l’on a l’habitude de voir des choses étonnantes.


À bord, le luxe se joue au toucher
À l’extérieur, la Type 01 impressionne. À l’intérieur, elle préfère murmurer. L’habitacle adopte une ambiance chaleureuse, avec des teintes beiges inspirées du travertin, une structure centrale traversant les quatre places et des finitions en aluminium à effet laiton.
Ici, le choix des matériaux n’a rien d’accessoire. « On voulait vraiment préserver le toucher froid. C’est pour cela qu’on a utilisé du métal, pas du plastique », explique Axel Goulée.
Le designer évoque également une inspiration venue de la mode, avec un travail sur les associations de textures comparable à celui d’une collection vestimentaire. La douceur d’un tee-shirt peut ainsi rencontrer la structure d’un blazer. Une approche subtile, loin du traditionnel concours de surenchère technologique. Même les écrans se font discrets. « C’est pour cela que les écrans ne sont pas bombardés d’informations », précise-t-il. Comme quoi, le luxe consiste parfois aussi à ne pas tout afficher.

Entre Blade Runner et Star Wars
Pour imaginer cette Jaguar venue du futur, les designers ont puisé dans le cinéma de science-fiction. Axel Goulée cite notamment les véhicules volants de Coruscant dans Star Wars, mais aussi l’univers de Blade Runner, sorti en 1982.
Des références qui nourrissent une réflexion sur les objets de demain, sans tomber dans le simple exercice de style futuriste.
Nous l’avons vraiment conçue comme une pièce d’art,
résume le designer.
À Turin, le message est limpide : Jaguar ne veut plus seulement fabriquer des voitures de luxe, mais proposer une nouvelle vision de l’automobile, à la croisée du design, de l’art et de la technologie.
Reste à savoir si cette sculpture roulante séduira autant sur l’asphalte que dans les galeries. Car, aussi belle soit-elle, la Type 01 devra encore affronter les embouteillages, les créneaux et les parkings souterrains. Un dernier test artistique dont on attend déjà le résultat.




