Le 11 février 2026, New York donnait le coup d’envoi d’un Fashion Month plus électrique que jamais. Londres, Milan et Paris attendront leur tour : pour l’heure, la Grosse Pomme orchestre un défilé d’ombres et de lumières, entre minimalisme chirurgical, nostalgie 70’s et manifestes politiques cousus main. Mais avant Manhattan, détour par la côte Ouest.
Le 6 février, au Legion of Honor de San Francisco, sous la sculpture Les Trois Ombres d’Auguste Rodin, Thom Browne convoque Dante et son Inferno. Références classiques, rigueur quasi liturgique et obsession du détail : la silhouette est stratifiée, structurée, presque ascétique.
Tweeds, flanelles, cachemires techniques et superpositions savantes composent un vestiaire preppy-sportswear en apesanteur. Son gris signature règne en maître. Chez Browne, l’excellence n’est pas une option – c’est un dogme.
Proenza Schouler : la renaissance new-yorkaise


Premier show très attendu : celui de Rachel Scott, nouvelle directrice artistique. La grammaire Proenza ? Réécrite avec assurance.
Tailoring rigide ou souple, robes froissées et torsadées, matières contrastées : la silhouette respire, vit, bouge. Des orchidées nocturnes, peintes à la main sur cuir, injectent une sensualité sombre. Structuré, oui. Figé, jamais.
Coach : Hollywood rencontre la Gen Z

Au Cunard Building, Stuart Vevers signe un patchwork optimiste : glamour 40’s, culture skate, esprit varsity.
Noir et blanc façon film noir nouvelle génération, tailoring rétro, denim grungy, robes du soir architecturées : Coach parle à la Gen Z avec un accent hollywoodien.
Tory Burch : élégance en temps de chaos


Tory Burch livre une méditation sur la permanence dans un climat politique instable.
Trench, cardigan, jupe crayon : les classiques sont déconstruits avec subtilité. Mailles lavées, robes torsadées, coupes nettes. Broderies indiennes, boucles coquillage et broches sardine ponctuent le tout.
Le “Bunny Knot”, inspiré de Bunny Mellon, symbolise lien et unité. Chez Burch, la douceur devient résistance.
Carolina Herrera : muses en mouvement

Wes Gordon célèbre les femmes qui façonnent l’art. Épaules affirmées, manteaux cocon, jupes crayon : la structure domine, adoucie par des blouses d’artiste.
Léopard, lys calla, rouge piment et or scintillant composent une palette vibrante. Les sacs Mimi et Karlita prolongent cette élégance sculpturale. Un hommage incandescent au pouvoir créatif féminin.
Michael Kors : 45 ans et toujours “New York Chic”


Au Metropolitan Opera House, Michael Kors célèbre les 45 ans de sa maison. Le thème ? “New York Chic”.
Tailoring assoupli, drapés fluides, tweeds réinventés. Tons camel signature, rouge rubis, framboise. Pantalons à traîne et robes enveloppantes signent une simplicité dramatique.
En clôture, Christy Turlington incarne cette dualité new-yorkaise : dure et glamour, pragmatique et magique.
Calvin Klein : minimalisme et nostalgie 90’s

Timing parfait : la série Love Story de Ryan Murphy remet en lumière Carolyn Bessette, ex-collaboratrice de la maison.
Veronica Leoni perpétue le minimalisme iconique de Calvin Klein tout en le rendant contemporain. Tailleurs affûtés, trenchs élancés, robes dos nu, manteaux structurés. Le denim de 1976 est réédité, clin d’œil aux archives… et aux années 90.
Khaite : vérité, cuir et rock 70’s


Au Park Avenue Armory, Catherine Holstein orchestre un show monumental, inspiré par Vérités et Mensonges d’Orson Welles.
Tailoring noir en cuir, vestes d’officier tressées, organza vaporeux, slip dresses en dentelle : tension permanente entre performance et authenticité.
Une féminité rock, cérébrale et sûre d’elle. Le luxe américain moderne, selon Tiffany Hsu, trouve ici son équilibre rare entre sobriété et sensualité.
Ce que cette Fashion Week raconte ?
Une ville qui doute, mais qui avance. Une mode qui oscille entre armure et transparence. Des créateurs qui revisitent leurs archives tout en parlant au présent.
À New York, l’automne-hiver 2026-2027 ne cherche pas la facilité. Il cherche la vérité. Et il la trouve, souvent, dans le contraste.




