- par Guillaume O’Lanyer, giornalista
Pendant que certains débats tech tournent encore autour des IA qui remplaceraient les humains ou des lunettes connectées qui promettent de “réinventer la réalité”, une autre révolution avance, beaucoup plus concrète : celle des femmes entrepreneures qui transforment déjà l’industrie, la santé, l’énergie ou le climat.
Et cette année encore, VivaTech 2026 entend bien le rappeler.
À l’occasion de son dixième anniversaire, le grand rendez-vous européen de l’innovation dévoile les cinq finalistes du Female Founder Award 2026, un prix devenu au fil des éditions l’un des symboles de la bataille pour une tech plus diverse – et surtout plus représentative du réel.
Car derrière les discours sur l’inclusion, les chiffres restent brutaux : les startups fondées ou cofondées par des femmes ne captent encore que 12 % des financements en capital-risque. Pourtant, les 444 candidatures reçues cette année, venues de 85 pays, racontent une autre histoire : celle d’une génération de fondatrices qui ne créent plus seulement des applications “de niche”, mais s’attaquent à des sujets lourds – extraction minière durable, micro-robotique cérébrale, climat, matériaux intelligents ou stockage énergétique.
Autrement dit : la DeepTech n’a plus seulement une voix masculine.
Cinq startups, cinq façons de réparer le monde
Parmi les finalistes, la startup allemande Ark Climate propose aux collectivités un logiciel capable de piloter leur transition climatique sans nécessiter une armée d’experts carbone. Une sorte de “tableau de bord anti-crise climatique” pensé pour les villes qui veulent agir avant d’être submergées.
Aux États-Unis, Endolith réinvente l’exploitation du cuivre grâce à des microbes. Oui, des microbes. Sa fondatrice, ancienne chercheuse liée à la NASA, applique désormais ses travaux sur les bactéries martiennes… aux mines terrestres. Comme quoi la science-fiction finit souvent en business model.
L’allemande ExoMatter mise quant à elle sur l’IA pour accélérer la découverte de matériaux plus durables et plus performants, pendant que la française Revolty donne une seconde vie aux batteries lithium-ion pour démocratiser le stockage solaire résidentiel.
Enfin, Robeauté pousse le curseur encore plus loin avec des microrobots thérapeutiques capables d’intervenir directement dans le cerveau. Une technologie qui ressemble à un scénario de science-fiction… mais qui pourrait bientôt transformer le traitement des neuropathologies.
La nouvelle image de la fondatrice tech
Ce que révèle surtout cette sélection 2026, c’est une mutation profonde du profil des entrepreneures de la tech.
Les fondatrices finalistes ne viennent pas uniquement du marketing ou des plateformes digitales. Elles sont mathématiciennes, docteures en climatologie, spécialistes en géomicrobiologie, ingénieures énergie ou expertes DeepTech. Elles ont travaillé chez McKinsey, Airbus, ENGIE ou même la NASA.
Le cliché de la startup montée dans un garage laisse progressivement place à celui de laboratoires, d’équipes scientifiques hybrides et d’innovations industrielles très concrètes.
Et dans les couloirs de VivaTech 2026, cela change aussi la conversation : on ne parle plus seulement de croissance rapide ou de levées de fonds, mais de neutralité carbone, de souveraineté technologique, de santé publique ou d’impact environnemental.
Une finale très attendue
Les cinq finalistes pitcheront leur projet le 18 juin sur la Black Stage avant l’annonce de la lauréate lors des VivaTech Startup Prizes, le 19 juin.
Au-delà du trophée, l’enjeu est ailleurs : visibilité internationale, accès aux investisseurs et validation symbolique dans un univers encore largement dominé par les hommes.
Et si la vraie disruption de la tech européenne en 2026 n’était finalement ni une IA générative supplémentaire ni un gadget connecté de plus… mais simplement le fait que les femmes entrepreneures prennent enfin la place qu’elles occupent déjà dans l’innovation réelle ?
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