À côté des Palmes annoncées, des drames de prestige et des standing ovations calibrées pour TikTok, le 79e Festival de Cannes 2026 cache aussi quelques objets autrement plus imprévisibles. Des films qui ressemblent à des paris personnels, des délires pop ou des déclarations d’amour au cinéma. Bref, les vrais titres capables de faire dérailler la Croisette.
Jane Schoenbrun transforme le slasher en fièvre romantique
Premier gros frisson hors compétition : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, nouveau cauchemar signé Jane Schoenbrun. Après avoir retourné Internet avec I Saw The TV Glow, la réalisatrice revient avec un projet au titre volontairement excessif, quelque part entre fanfiction maudite et slasher sous acide.
Le pitch ressemble à une hallucination de cinéphile insomniaque : une jeune réalisatrice obsessionnelle hérite d’une franchise d’horreur moribonde et tombe sous le charme d’une ancienne scream queen recluse, incarnée par Gillian Anderson. Le résultat promet du sang, du désir et une étrange mélancolie VHS.
Oui, Cannes ouvre Un certain regard avec un film décrit comme la rencontre entre Portrait de la jeune fille en feu et Friday the 13th. Et honnêtement, c’est une excellente nouvelle.
Jordan Firstman apporte enfin l’énergie “club chaos” à la Croisette
Il fallait bien qu’un jour les enfants dégénérés d’Instagram arrivent à Cannes. Avec Club Kid, Jordan Firstman passe du shitpost arty au long métrage présenté à Un certain regard.

L’acteur, humoriste et roi du malaise chic y raconte la chute d’un ancien promoteur de soirées underground forcé de devenir père du jour au lendemain. Le genre de prémisse qui pourrait soit produire une catastrophe absolue, soit un futur film culte de lendemain de fête.
Autour de lui gravitent Cara Delevingne et Diego Calva, dans un univers qui sent déjà la sueur froide, les néons fatigués et les afters interminables de Los Angeles.
John Travolta réalise un film d’avion nostalgique – et personne ne l’avait vu venir
C’est probablement le comeback le plus improbable de cette édition : John Travolta débarque à Cannes non pas comme star nostalgique, mais comme réalisateur.
Avec Vol de Nuit pour Los Angeles, présenté à Cannes Première, l’acteur adapte son propre livre pour enfants, Propeller One-Way Night Coach. Un projet nourri par son obsession bien connue pour l’aviation.
On y suit un jeune garçon fasciné par les avions dans une traversée quasi onirique vers Hollywood. Dit comme ça, on hésite entre conte rétro, rêve américain vintage et simulation de vol émotionnelle. Ce qui donne précisément envie de voir le résultat.
Ron Howard ressuscite Richard Avedon en plein âge de l’image saturée
Pendant que tout le monde produit des selfies filtrés, Ron Howard revient à l’un des hommes qui a littéralement fabriqué les icônes modernes : Richard Avedon.

Son documentaire Avedon promet une plongée élégante dans les archives du photographe, entre glamour américain, portraits mythiques et radiographie sociale du XXe siècle.
Le genre de séance cannoise où les spectateurs ressortent avec l’envie soudaine de photographier tout le monde en noir et blanc.
Steven Soderbergh filme la dernière nuit de John Lennon
Enfin, il y a le film qui risque de laisser la Croisette silencieuse à la sortie. Dans John Lennon: The Last Interview, Steven Soderbergh reconstruit les dernières heures publiques de John Lennon et Yoko Ono.
Le 8 décembre 1980, Lennon parle d’amour, de politique, de musique et d’avenir lors d’une interview radio à New York. Quelques heures plus tard, il est assassiné.
Quarante-cinq ans après, le documentaire transforme cet échange en capsule temporelle vertigineuse. Une manière de rappeler qu’à Cannes aussi, les films hors compétition peuvent parfois être ceux qui hantent le plus longtemps.



