Il y a les meubles IKEA que l’on monte un dimanche en silence passif-agressif. Et puis il y a les meubles IKEA PS : les objets étranges, trop ambitieux, parfois franchement ratés, qui finissent des années plus tard exposés dans des appartements berlinois avant-gardistes.
Pour sa collection PS 2026, le géant suédois fouille donc dans ses archives comme un groupe de rock qui ressortirait ses vieux albums cultes. Pas pour faire du vintage propre et nostalgique. Non : pour réactiver les accidents industriels les plus attachants de son histoire.
Et cette fois, IKEA assume totalement le chaos.
Le fauteuil gonflable : ou l’art de transformer un bug en pièce design
Dans les années 1990, IKEA avait lancé un fauteuil gonflable. Sur le papier : le futur. Dans les salons : une catastrophe thermodynamique.

Le mode d’emploi demandait de gonfler le siège avec un sèche-cheveux. Des milliers de personnes ont évidemment utilisé l’air chaud. Résultat : les fauteuils fondaient doucement dans les appartements comme des sculptures contemporaines involontaires.
Et quand ils ne fondaient pas, ils expulsaient leurs utilisateurs à l’autre bout du salon avec l’élasticité agressive d’un château gonflable sous cocaïne. Normalement, une marque enterre ce genre d’idée pour toujours. IKEA, non.
Trente ans plus tard, les designers ont repris ce vieux désastre et l’ont traité comme un trésor patrimonial. Après des mois de tests, de crevaisons et probablement plusieurs humiliations collectives en réunion, le fauteuil gonflable revient enfin sous une forme maîtrisée.
Enfin… “maîtrisée” façon IKEA PS : toujours un peu absurde, toujours un peu futuriste, toujours à deux doigts de ressembler à un objet acheté dans une rave scandinave en 1997. Et c’est précisément pour ça qu’on l’adore.
Une étagère culte, mais en mode moine zen
Certaines pièces IKEA ont connu un destin inattendu : elles sont devenues des objets de spéculation. Des gens se battent aujourd’hui sur internet pour acheter d’anciennes étagères IKEA comme d’autres collectionnent des Rolex vintage ou des vinyles rares. Évidemment, la marque a trouvé ça fascinant.

Le designer Friso Wiersma s’est donc attaqué à une étagère mythique des années 80 imaginée par Niels Gammelgaard. Sauf qu’au lieu de refaire exactement le même meuble pour surfer sur la nostalgie, il l’a transformé en manifeste néo-artisanal.
Le métal industriel disparaît. Le bois massif arrive. Le meuble semble désormais avoir été fabriqué par un ébéniste ultra zen vivant dans une forêt nordique avec un abonnement à Kinfolk. C’est un peu comme si IKEA avait décidé de faire du mobilier méditatif. Le résultat est minimaliste, beau, légèrement prétentieux – donc parfaitement contemporain.
L’horloge rouge sous surveillance
Puis il y a cette chose. Officiellement, c’est une horloge. Officieusement, on dirait un personnage secondaire d’un cartoon soviétique perdu, revenu hanter une étagère de salon.

Imaginée par Marta Krupińska, la pièce réinterprète une célèbre horloge IKEA PS des années 90. Mais au lieu d’en faire une simple réédition nostalgique, la designer a créé une espèce de petit totem rouge tubulaire avec une présence franchement dérangeante.
L’objet semble regarder la pièce. En permanence. Et plus on le fixe, plus il ressemble à une créature qui pourrait cligner des yeux dès qu’on quitte le salon. Le plus fascinant, c’est qu’IKEA ne cherche même plus à rendre tout cela rationnel. La marque parle désormais d’objets-compagnons, de présence émotionnelle, de pièces qui vivent avec nous.
Nous sommes officiellement entrés dans l’ère du meuble avec personnalité. Et honnêtement ? Ça fait du bien.
IKEA PS 2026 : enfin des objets qui refusent d’être “discrets”
Depuis quelques années, le design intérieur ressemble parfois à une vaste conspiration beige. Tout est courbé, crème, silencieux, organique, parfaitement instagrammable.
IKEA PS arrive donc comme un enfant turbulent dans un showroom minimaliste. Des objets gonflables. Des horloges mutantes. Des meubles qui racontent des histoires bizarres. Des pièces qui prennent de la place visuellement et mentalement. Bref : du design qui accepte enfin d’être un peu ridicule, un peu ambitieux, un peu vivant.
Et dans le paysage ultra-lisse du mobilier contemporain, c’est presque devenu radical. Des réponses plus intelligentes, le chargement de fichiers et d’images, et bien plus encore.
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