Deux défilés, deux façons de réenchanter l’été 2027. Chez Courrèges, Drew Henry signe une première collection joyeusement rétro. Chez Dries Van Noten, Julian Klausner transforme le vestiaire en grand écran glamour.
Pour sa première collection chez Courrèges, Drew Henry tourne la page Nicolas di Felice et regarde franchement dans le rétroviseur. Exit les silhouettes sculpturales et le Space Age revisité. Place à une garde-robe plus ample, colorée et décomplexée. Orange vif, rouge, jaune canari, vert gazon, bleu bébé ou marine. La palette semble avoir avalé une boîte de crayons. Les logos s’affichent en bijoux ou s’invitent sur les poches et les cols, tandis que shorts et pantalons en éponge, chemises ouvertes, robes masculines et vestes sans manches composent un vestiaire pensé pour vivre.
Drew Henry puise aussi allègrement dans les années 1960 : boutons graphiques, formes géométriques, mousse légère aux détails presque en 3D, PVC sur les chapeaux et lunettes disco. Même les accessoires changent de tête, avec des sacs sculpturaux et des chaussures colorées. Un Courrèges plus libre, plus quotidien et surtout beaucoup plus pop. Reste à voir si cette cure de sixties saura séduire une nouvelle clientèle tout en relançant durablement la maison.


Dries Van Noten : clap, moteur, glamour !
Chez Dries Van Noten, Julian Klausner préfère inventer un film qui n’existe pas. Au Carreau du Temple, le podium devient le décor d’un Hollywood imaginaire, quelque part entre Riviera 1950 et Technicolor. Flamants roses, fleurs, serpents, étoiles et imprimés abstraits se mélangent avec brocarts, organza, broderies et cristaux. Une robe affiche « Vipère », tandis que des motifs léopard ou serpent jouent les seconds rôles. Tout est fait pour brouiller les pistes, superposer les histoires et s’amuser avec les perceptions.
Puis arrivent les stars. Etoiles grand format, strass, pampilles multicolores et robes entièrement scintillantes. Les accessoires suivent le scénario, des escarpins étincelants aux sacs allant du maxi au micro, accompagnés de gants colorés. Julian Klausner connaît manifestement son Dries Van Noten sur le bout des doigts. Il respecte l’esprit de la maison tout en lui offrant un nouveau terrain de jeu. Celui d’un glamour joyeux, théâtral et légèrement déjanté.






