Milan, 10h47. Un type fend la foule via Montenapoleone. Mocassins sans chaussettes, revers de pantalon impeccablement coupés au-dessus de la cheville, lunettes de soleil vissées au front. Qui est-il ? Directeur artistique ? Peut-être juste Milanais. Ce qui, en soi, suffit. Ici, l’élégance masculine ne s’affiche pas, elle plane. Et si cette allure semble génétique, elle a aussi ses adresses d’entretien. Comme Eredi Zucca 1652, barbier aux allures de cabinet de curiosités capillaires.
Ne pas se fier à la vitrine discrète. Derrière la porte entrebâillée, c’est un autre tempo. Celui d’un Milan feutré, où le cuir patiné côtoie le velours, le marbre flirte avec la mosaïque, et les flacons sont rangés comme des soldats d’opérette sur des étagères en bois noir. Pas de techno branchée en fond, pas de hipster barbu tatoué au mur. Ici, le barbier porte la blouse blanche amidonnée et fume parfois une cigarette sur le trottoir. Et prend le temps de saluer, poliment. Même les passants.
Chez Eredi Zucca, le soin est un art. Et le visage, un terrain de jeu sacré. Le rasage devient rituel, le massage du visage frôle l’expérience mystique (sans les bougies parfumées, promis). Trois suites privées, éclairage tamisé, silence religieux, et surtout — ô miracle — aucun miroir pendant le soin. Ici, on oublie sa tête. Et c’est précisément là qu’on commence à la retrouver.




Des produits très propres sur eux
L’adresse n’est pas qu’un lieu. C’est aussi une ligne de cosmétiques maison, née en 2023 après deux ans de R&D. Tout est fabriqué en Italie, avec 90 % d’ingrédients d’origine naturelle et un sens aigu du beau. Nettoyer, hydrater, coiffer, raser, oui, mais avec panache. Même les blaireaux et les peignes sont sculptés comme des objets d’art : corne de cerf, ébène, résine, cuir Saffiano. Mention spéciale aux pots en marbre, qui donneraient presque envie de déménager sa salle de bain dans une galerie d’antiquaire.
Une dynastie du poil et de l’éclat
Le nom Zucca (ou Zuccan, pour les puristes) remonte à 1652, inscrit dans les registres des barbiers de Milan. À l’époque, ces messieurs maniaient aussi bien la lame que la pince dentaire. Aujourd’hui, point de saignée, mais un grand ménage de printemps cutané. On ressort avec la peau nettoyée, hydratée, illuminée – et les cernes envolées. Pas besoin d’aiguille, juste un peu d’huile, de savoir-faire et de doigté.

Dernier bastion du chic viril
Dans un monde où les hommes oscillent encore entre crème hydratante volée à leur moitié et total abandon de peau, Eredi Zucca vient rappeler une chose simple : prendre soin de soi, c’est viril. Raffiné, même. Le tout sans tomber dans la routine beauté formatée. On parle ici de rituel, de geste, de plaisir, d’un moment qui laisse le monde à la porte, comme un costume trop petit.
📍 Eredi Zucca, Via Bigli 6, 20121 Milano. Plus de renseignements sur eredizucca.com





