Vous pensiez avoir enfin rangé vos Samba au placard, débarrassés du look “copie carbone de Berlin-Est années 1980” ? Raté. La sneaker d’automne-hiver 2025-2026 n’a pas décidé de vous simplifier la vie. Elle s’est même scindée en deux camps irréconciliables : les baskets qui se prennent pour des mocassins et celles qui jouent les hooligans de luxe.
Chaque rentrée a ses cahiers neufs, ses agendas trop vite gribouillés… et ses baskets toutes neuves. À l’automne-hiver 2025-2026, la sneaker ne se contente plus de couvrir nos pas : elle raconte deux histoires parallèles, comme deux romans de gare qu’on lirait en même temps.
Camp 1 : les skinny trainers • Adieu semelles XXL, bienvenue aux baskets en mode régime sec. Trois millimètres d’épaisseur, pas un de plus. Sinon ? Bah, c’est vulgaire. Le cuir se fait plus sage que votre banquier, le suède prend des airs de vestiaire universitaire, et les détails – charms, doubles lacets, nuances chocolat – se battent pour donner un semblant de fantaisie.
Une sneaker qui, de loin, ressemble à une richelieu timide. De près, c’est l’arme fatale des adeptes du “preppy sous contrôle”. En clair, la chaussure idéale pour marcher vite vers la salle de réunion… mais avec le confort d’un chausson.


Camp 2 : les baskets foot • De l’autre côté, ça sent la salle de sport… mais parfumée au luxe. Nike, Adidas, Puma exhument des modèles de football en salle, de taekwondo ou de Formule 1, et leur collent l’étiquette “mode”. La Speedcat de Puma passe désormais du karting au front row, pendant que la Nike T90 se rêve accessoire de brunch.
Cerise sur la semelle : le retour improbable des montantes. Oui, celles qui vous faisaient suer à la récré en 2001. Chloé, Dior et Stella McCartney ont décidé qu’elles méritaient une seconde vie, cette fois assorties à un sac à 3 000 €.
Trop chic pour jouer les rebelles, trop sportive pour être vraiment élégante, la sneaker de l’automne hésite : doit-elle devenir une chaussure de ville ou rester le symbole du streetwear ? Une seule certitude : vous allez encore finir par acheter les deux, parce que vos vieilles Air Force blanches, elles, ne survivront pas à un énième automne pluvieux.





