Au Vietnam, ce n’est pas un braquage de banque qui fait scintiller l’actualité, mais une affaire de diamants qui ferait presque pâlir les scénarios hollywoodiens. Les autorités enquêtent sur un vaste réseau international de contrebande accusé d’avoir fait entrer clandestinement près de 28.000 diamants, pour une valeur estimée à près de 10 millions d’euros.
Dans cette affaire aux multiples facettes, la police vietnamienne a frappé fort. Plus de 20 établissements, principalement des bijouteries situées à Hô Chi Minh-Ville, ont été perquisitionnés, tandis que les enquêteurs remontent la piste d’un trafic organisé depuis plusieurs années.
Au cœur du dossier figure Dang Ngoc Thao, ancien responsable de la filiale de certification du géant vietnamien de la joaillerie Phu Nhuan Jewelry (PNJ). Arrêté début juillet avec plus de trente autres suspects, il est soupçonné d’avoir donné une apparence parfaitement légale à des diamants importés d’Inde grâce à de fausses certifications. Le procédé ? Des gravures laser destinées à garantir la traçabilité des pierres… mais qui auraient surtout servi à brouiller les pistes.
Les enquêteurs ont déjà mis la main sur plus de 1.200 diamants, ainsi que sur plusieurs bijoux dépourvus de toute facture ou document permettant d’en établir l’origine. Une récolte qui ne représente toutefois qu’une petite partie des pierres que le réseau aurait réussi à faire circuler.
Selon le ministère de la Sécurité publique, les trafiquants ne manquaient pas d’imagination. Les diamants étaient acheminés depuis l’Inde avant de transiter par Hong Kong, puis d’être introduits clandestinement au Vietnam grâce à des méthodes qualifiées de « très sophistiquées ». Une véritable chaîne logistique… mais sans les formalités douanières.
De son côté, PNJ tente de préserver l’éclat de son image. Dans un communiqué, l’entreprise affirme que cette affaire relève de la seule responsabilité pénale de son ancien employé et insiste sur le fait que les diamants actuellement certifiés par sa filiale sont « entièrement traçables » et répondent aux standards de qualité.
Les investisseurs, eux, ont visiblement perdu leurs illusions. Depuis les premières arrestations, début juillet, l’action du premier joaillier coté du Vietnam a dégringolé de plus de 25 %, preuve que les marchés détestent autant les zones d’ombre que les diamants sans pedigree.




