Paris n’a pas fini de transpirer sous les projecteurs. Du 23 au 28 juin prochain, la semaine de la mode masculine version Printemps-Été 2027 promet six jours de silhouettes amples, de lunettes noires en intérieur et de taxis introuvables rive droite. Et cette saison, la capitale ne fait pas semblant : 74 maisons sont annoncées au calendrier officiel, soit huit de plus qu’en janvier dernier.
Le grand retour se joue surtout côté mastodontes. Après quelques saisons d’absence stratégique, Celine et Saint Laurent réinvestissent les podiums parisiens, accompagnés du créateur israélien Hed Mayner, dont le tailoring devrait une nouvelle fois faire disparaître les mains des mannequins dans des manches infinies.
Le nombre de défilés reste stable, mais les présentations explosent avec 38 rendez-vous.
Parmi les moments sous haute surveillance, Givenchy dévoilera la lecture masculine de Sarah Burton le 25 juin, tandis que Peter Copping présentera dès le lendemain sa vision de Lanvin. Deux maisons historiques, deux nouveaux regards, et probablement beaucoup de chemises impeccablement ouvertes jusqu’au sternum.
Le coup d’envoi spectaculaire reviendra comme toujours à Louis Vuitton, où Pharrell Williams transformera sans doute un défilé en concert, en événement people et en embouteillage simultanément. Jonathan Anderson sera très attendu chez Dior Homme, pendant que Rick Owens continuera de prouver qu’on peut ressembler à un prêtre gothique post-apocalyptique même en plein mois de juin.
À noter aussi Hermès passe exceptionnellement au format présentation, dans une saison de transition après le départ de Véronique Nichanian, avant l’arrivée annoncée de Grace Wales Bonner en janvier prochain.
Dans les absents remarqués, Jacquemus boude provisoirement l’agenda officiel. Ce qui n’est pas une perte. Maison Margiela et Charles Jeffrey Loverboy manquent également à l’appel.
Comme chaque saison, Paris reste un aimant mondial pour les créateurs internationaux. Les Japonais Issey Miyake, Yohji Yamamoto ou Comme des Garçons Homme Plus côtoieront les Sud-Coréens Juun.J et Wooyoungmi, tandis qu’Amiri, Willy Chavarria ou KidSuper rappelleront que les Américains savent eux aussi faire du volume et des sneakers énormes.
Enfin, le “off” continue de gonfler autour du calendrier officiel. Au Palais de Tokyo, le showroom Sphere accueillera une nouvelle génération de créateurs entre mode responsable, tailoring expérimental et performances conceptuelles où l’on ne sait jamais très bien si l’on regarde un vêtement ou une installation d’art contemporain.
En bref, Paris prépare une semaine dense, nerveuse et très habillée, où l’on parlera autant de coupes que de pouvoir, autant de tissus que de stratégie. Et où, comme toujours, tout le monde prétendra être “épuisé” tout en courant vers un dernier cocktail.




