Brioni a soufflé ses 80 bougies. Une célébration si impeccablement orchestrée que même les pavés du Chiostro del Bramante semblaient avoir été polis pour l’occasion. Car oui, nous y étions — témoins privilégiés de cette nuit où Rome a renoué avec sa splendeur la plus cinématographique.
Il était environ 19h quand les premiers invités ont commencé à affluer sous les arches du cloître imaginé par Donato Bramante. Regé-Jean Page, Sean Teale, Ed Speleers, Lee Soo Hyuk, Luca Argentero, Stefano Accorsi… Autant de noms que l’on croise d’habitude sur les affiches de cinéma, pas dans un couloir Renaissance au crépuscule.
À côté d’eux, Bruce Pask — figure culte de Bergdorf Goodman — observait les silhouettes avec un œil de faucon et l’élégance tranquille de ceux qui savent.

De notre côté, nous tentions de rester concentrés, mais difficile de ne pas scruter les revers, les constructions d’épaule, les proportions parfaites qui défilaient sous nos yeux.
Huit décennies racontées comme un film
Au cœur du cloître, Brioni proposait une installation retraçant son histoire — du premier défilé masculin jamais organisé, en 1952 à Florence, jusqu’à ses shows avant-gardistes au Waldorf Astoria New York dans les années 1960.
Des smokings portés par Oscar Isaac, Marcello Mastroianni, Pierce Brosnan ou Daniel Craig semblaient nous défier du regard depuis leurs vitrines. On vous a vus, les agents secrets.
Le dîner : élégance dans l’assiette
Lorsque Federico Arrigoni, le nouveau CEO, prend la parole, artichauts croustillants et risotto cacio e pepe viennent à peine d’être déposés sur les tables.
Dans la salle, on écoute. Et on approuve :
Ce soir, ce n’est pas seulement un hommage au passé. C’est un tournant.
Il avait raison : il y avait dans l’air cette énergie rare des grandes soirées où l’on sent qu’un chapitre s’ouvre.


Mario Biondi, des negronis… et ce charme romain indéfinissable
Le concert du chanteur Mario Biondi, grave et suave comme du velours noir, a ajouté une touche de sensualité musicale.
Sa remarque, mi-sérieuse mi-taquine — « On voit souvent à Rome des femmes raffinées, mais rarement autant d’hommes élégants ! » — a déclenché un rire aussi chic que les smokings environnants.
Plus tard, dans la sacristie du cloître, negronis et digestifs circulaient parmi les invités qui semblaient flotter dans une bulle intemporelle. À ce stade, la soirée ressemblait davantage à une scène coupée de La Grande Bellezza qu’à un événement de mode.
Isabella Ferrari, le style qui parle pour elle
Quand nous avons croisé Isabella Ferrari, divine en tailleur-pantalon noir, elle nous a confié :
Les femmes aiment désormais Brioni autant que les hommes.

Une phrase qui résonne fort, surtout quand on se souvient qu’elle répondait à Jep Gambardella : « Je suis riche. »
Ce soir-là, tout le monde semblait riche — en style, en allure, en douceur de vivre. En Italie, l’élégance n’est jamais un hasard. C’est un héritage vivant.





