Depuis plusieurs semaines, un frisson particulier traverse l’industrie de la mode. Non pas à cause d’une robe transparente ou d’un sac en forme de téléphone fixe, mais parce que la Fashion Week printemps-été 2026 s’apprête à aligner une ribambelle de « premiers défilés ». Des prises de fonction tant attendues qu’elles transforment le calendrier officiel en véritable rite de passage. Nouveau jeu à la mode : deviner qui survivra à son baptême du feu ?
Il souffle comme un petit vent de panique dans les coulisses des maisons de luxe. Une atmosphère de rentrée scolaire, mais en plus nerveuse, avec moins de cartables et plus de tailleurs en crêpe de soie. En cause ? Un enchaînement sans précédent de nominations artistiques. La Fashion Week printemps-été 2026, prévue en septembre, s’annonce comme un gigantesque exercice de passage de flambeau.
Autrement dit : ce mois de septembre, ce ne sont pas les tendances qui sont attendues au tournant… mais bien les créateurs eux-mêmes. Certains s’installent dans des maisons centenaires comme dans une location meublée, d’autres déplacent leur univers avec la délicatesse d’un éléphant dans un showroom. Petit tour d’horizon de ces grands débuts, aussi attendus qu’un colis UPS en pleine grève.
Demna chez Gucci : sarcasme en soie et vestiaire milanais
Adulé ou critiqué, Demna ne laisse jamais indifférent. Après avoir transformé Balenciaga en bastion du post-streetwear existentiel, le créateur géorgien migre chez Gucci. À la clé ? Un 23 septembre milanais qui s’annonce aussi théâtral qu’un opéra de Verdi. L’héritage florentin survivra-t-il à son tailoring anguleux et à ses bottes XXL ? Rien n’est moins sûr. Mais Kim Kardashian devrait être au premier rang, et c’est tout ce qui compte.

Pierpaolo Piccioli chez Balenciaga : romantisme contre dystopie
Changement de ton chez Balenciaga. Il était temps. Exit les masques anonymes et les défilés dans des cratères lunaires : place à la poésie. Pierpaolo Piccioli, ex-Valentino, prend la relève. Celui qui a réhabilité la douceur chez les grandes maisons italiennes tente ici un grand écart stylistique entre la rigueur balenciagesque et sa patte lyrique. Le 4 octobre à Paris, on verra si le tailoring peut pleurer.

Matthieu Blazy chez Chanel : artisanat 3.0
On le disait discret. C’est désormais lui qui incarne la relance artistique signé Chanel. Matthieu Blazy, ancien de Bottega Veneta, est attendu au tournant pour son premier défilé, le 6 octobre. Pas d’effets spéciaux, pas de slogans en tweed : l’homme croit aux matières, aux coupes et à l’intelligence du vêtement. Un pari audacieux dans un monde saturé de storytelling.

Louise Trotter chez Bottega Veneta : l’élégance de l’ombre
Pas d’excès ni d’égérie clinquante : Louise Trotter avance en silence. Venue de Lacoste et Carven, elle incarne une mode analytique, qui décortique les archives pour mieux les faire parler. Chez Bottega Veneta, elle semble prête à transformer le minimalisme en arme de séduction massive. Premier test : le 27 septembre à Milan. Spoiler : Julianne Moore a déjà validé.

Jack McCollough et Lazaro Hernandez chez Loewe : exil new-yorkais en Espagne
Le célèbre duo fondateur de Proenza Schouler a dit adieu à sa griffe américaine pour reprendre les rênes de Loewe. Fini le Lower East Side, bonjour les archives castillanes. À Paris, le 3 octobre, la question sera simple : peut-on injecter de la coolitude US dans l’intellectualisme ibérique mis en place par Jonathan Anderson ? Réponse en bottes de cuir nouées à l’envers.

Dario Vitale chez Versace : silence, on tourne
Annoncé en fanfare, attendu comme le nouvel homme fort de Versace, Dario Vitale n’a pas encore sorti ses griffes. Ancien de Miu Miu, il devait signer un défilé flamboyant. Il n’en sera rien : présentation confidentielle, calendrier zappé. Le monde de la mode est un peu perplexe. Les insiders parlent d’ajustements, voire de repli stratégique. Bref, on verra.

En septembre 2025 : la mode passe au crash-test
Un point commun entre tous ces créateurs ? Ils arrivent dans des maisons mythiques, bardées d’ADN, de fans irréductibles et de milliardaires impatients. Chacun devra composer avec l’histoire, les attentes et, bien sûr, l’intransigeance d’un public à la mémoire sélective mais au jugement expéditif.
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