Dans un monde où les frontières musicales s’estompent, Nziria, alias Tullia Benedicta, émerge comme une figure incontournable de la scène électro contemporaine. Avec un son unique qu’elle appelle « hard neomelodic », Nziria fusionne habilement la puissance brute du gabber et l’émotion profonde du neomelodico, un genre de chanson populaire napolitaine souvent mal vu et pourtant riche en sentiments.
L’univers sonore de Nziria est une véritable aventure sensorielle, où la danse, la poésie et la culture napolitaine se rencontrent. Inspirée par le folklore de sa ville natale et la scène alternative de Londres, la musicienne a su métamorphoser un héritage musical en une forme nouvelle et avant-gardiste. Ses morceaux ne se contentent pas de repousser les limites du genre électronique ; ils capturent aussi l’essence d’une ville mythique, Naples, avec ses contradictions, ses passions et ses légendes.
Nziria n’est pas simplement une artiste de musique électronique. Elle incarne un pont entre le passé et le présent, entre la scène underground des clubs européens et la culture populaire napolitaine. Le neomelodico, genre musical souvent associé à des valeurs hétéro-normées et kitsch, est l’un des éléments clés de cette alchimie. Alors que beaucoup le considèrent comme obsolète, Nziria le réinvente, en y injectant sa propre vision, celle d’une voix transgenre, inclusif et à la fois émancipée des conventions.

Son approche n’est pas qu’esthétique, elle est aussi profondément liée à ses origines. Le projet Nziria est né de la fusion de ses racines napolitaines et de sa passion pour la musique électronique, qu’elle a découverte à Londres, où elle a vécu pendant plusieurs années. Cette expérience lui a permis de se libérer des attentes et des limitations imposées par les genres musicaux traditionnels. La ville de Naples, avec son histoire complexe, ses mysticismes et sa scène LGBTQIA+, devient ainsi un terrain fertile pour une musique qui interroge, transforme et transcende les normes.
L’appel du Clubbing et de la performativité
Ce qui rend l’œuvre de Nziria si particulière, c’est la dimension performative qui accompagne ses créations. Les clubs, ces « lieux de magie », ont eu une influence majeure sur son développement artistique. Ce sont des espaces d’évasion et de transformation, où les corps se mêlent à la musique dans une danse extatique. Pour Nziria, la scène est un lieu de recherche où chaque mouvement devient un acte de communication, une forme d’expression profonde, souvent entrelacée avec la lumière et le corps. Dans ses performances, elle introduit des éléments de théâtre, de danse et de magie, créant des expériences immersives qui transcendent le simple concert.
À travers des productions comme Hard Tarantella, Nziria donne une nouvelle vie à des traditions comme la tarentelle, en y intégrant des éléments électroniques puissants. Le résultat est une musique brutale et euphorique qui invite à la catharsis collective. En combinant les rythmes hypnotiques de la danse traditionnelle et la froideur mécanique du hard-core, Nziria parvient à un mélange aussi organique que digital.
Syysma : Un album de transition
Alors que Nziria s’apprête à dévoiler son deuxième album Syysma, prévu pour la fin septembre 2025, il est clair que sa musique continue d’évoluer. L’album porte l’empreinte de Naples de manière plus palpable que jamais, intégrant des sons naturels comme ceux des éruptions volcaniques, et abordant des thèmes tels que l’amour, la perte et la transformation. Syysma est un disque plus brut, plus terre-à-terre que le précédent, avec des influences diverses allant du reggaeton à la jungle, tout en conservant cette froideur propre au hardcore. C’est un disque de transition, une exploration de ce que signifie vivre au milieu des volcans et des secousses de l’histoire.
À travers cette œuvre, Nziria interroge la relation entre l’homme, la terre et l’au-delà. Elle fait le lien entre les secousses physiques et émotionnelles, et offre à ses auditeurs un voyage sonore intense, à la fois personnel et universel. L’aspect spirituel de sa musique, qu’elle définit comme « psychomagique », invite à une exploration de soi-même au travers de l’extase collective.
La magie et la musique
Dans un entretien, Nziria a révélé son intérêt pour le mysticisme, un héritage qui se trouve au cœur même de la culture napolitaine. Cette dimension mystique, mêlée à l’invisible et au sacré, traverse son travail de manière subtile. Pour Nziria, la musique n’est pas seulement une forme de divertissement, mais une passerelle vers une dimension autre, un espace où l’émotion pure peut se manifester de manière rituelle et collective.
L’album Syysma (2025) sera disponible à la fin du mois de septembre prochain.





