Milan ne s’habille pas seulement en Prada, Gucci ou Versace cette semaine. Elle s’habille en noir. Noir élégant, noir respectueux, noir Armani. La disparition du couturier, le 4 septembre dernier, a transformé cette Fashion Week en rituel collectif : une célébration où les flashs des photographes semblent être des cierges, et les podiums, des autels.
Tout le monde le sait : le vrai défilé, ce sera dimanche soir, dans la cour du palais Brera. Pas besoin d’être invité pour le deviner. Cinquante ans de carrière, une dernière collection posthume et, au milieu, une ville entière suspendue à un nom qui a défini l’élégance italienne. On ne parlera pas seulement de tissus, de coupes ou de volumes : ce sera une messe. Giorgio Armani sera partout, sauf physiquement.
Autour de cette figure tutélaire, les jeunes loups s’élancent. Demna chez Gucci, Dario Vitale chez Versace, Simone Bellotti chez Jil Sander, Louise Trotter chez Bottega Veneta… C’est presque une « rentrée des classes » version luxe : nouveaux profs, nouvelle matière, nouvelle pression. Tout le monde veut prouver qu’il a bien appris la leçon — la leçon de Giorgio Armani, justement.
Une semaine sous haute tension
On comptera les absents comme dans une classe clairsemée : Marni, Bally, Versace qui esquive le podium au profit d’une présentation… Mais les surprises ne manquent pas : un chant lyrique en plein défilé Fendi, le come-back de Stella Jean, ou encore Knwls et ses silhouettes Y2K qui promettent d’agiter les front rows.
Et après ?
Ce calendrier, saturé de 171 rendez-vous, pourrait paraître comme toujours un marathon clinquant, rythmé par des selfies et des coupes de champagne. Mais cette fois, un parfum particulier flotte dans l’air milanais. Comme si chaque créateur devait, avant de monter son show, s’incliner devant le fantôme du maître.
La mode avance, trébuche parfois, se réinvente toujours. Mais à Milan, ce mois de septembre, elle avance… en Armani.





